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de payer ladite pension de ISO livres pendant 10 ans , en ce cas , la place
demeurerait audit couvent ensemble les bâtiments , en payant lesdits
bâtiments au dire et estimation d'experts ;
  15° Que les sieurs de la Miséricorde ne pourront faire servir ladite chapelle
à aucun usage profane ni mettre des locataires ;
  16° Que les autres clauses et conditions du contrat du jour dernier janvier
1642 seront exécutées ;
  n° Qu'au cas que les religieux Carmes veuillent bâtir dans leur jardin à
côté de ladite chapelle , entre laquelle et le jardin est une allée , il leur sera
loisible de le faire et d'exhausser, autant que bon leur semblera, le vieux
mur y étant, et y faire de nouvelles fondations, sans cependant les approcher
de ladite chapelle, et de prendre des jours et vues du côté d'icelle, ainsi
qu'ils jugeront à propos, quoique la distance ne soit pas aux us et coutumes,
de cette ville.

   Comme on le voit, d'après cet acte, les PP. Carmes serraient
de plus en plus leur proie. Les vingt pieds, concédés d'abord,
se trouvèrent réduits à douze, d'une part; et de l'autre, la rente
annuelle de cinquante livres s'éleva à quatre-vingts. C'est bien
là ce qu'on appelle prendre des deux mains et de chaque côté.
On eût dit, à tant de soins et de précautions, que les PP.
Carmes avaient logé chez eux la lice et ses petits. Mais,
s'ils agissaient ainsi, c'était moins pour se défendre de tout
empiétement de la part des Confrères que pour les tenir
toujours sous leur immédiate dépendance.
    Si les PP. Carmes n'étaient pas très-consciencieux en
affaires, ils entendaient très-bien leurs intérêts. Les Confrères
 de la Miséricorde se départirent donc, d'un côté, de huit pieds
 de terrain, et s'imposèrent, de l'autre, un excédant de quarante
livres de rente annuelle.