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Sa voix, sans nul frein ,
Epanchait son ame ;
Alors on doutait
Si ce chant était
Ou d'ange ou de femme.
Quand il finissait,
Elle frémissait,
Comme poursuivie
Plus amèrement
De l'affreux tourment
De sa triste vie.
La nuit elle aimait
Courir au sommet
De la roche grise,
Et fouler le thym
D'un pas incertain,
Comme court la brise.
Ce qu'elle faisait,
Et ce que disait
Sa voix comprimée,
Ont fait croire à tous
Que d'amour bien doux
Elle fut aimée.
Mais aucun ne sait
Ce qui la forçait
D'errer, solitaire,
On ne sait qu'au ciel
Le chagrin cruel
Qu'elle a voulu taire.
Voilà bien long-temps,
Que, en cheveux flottans,
Cette jeune fille
Passa tout le long
De notre vallon ,
Pauvre et sans famille.
Et nul ne sait mieux
Comment, de quels lieux,