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RECIT TOVCHANT LA COMEDIE IOVEE PAR LES IESVITES E T L E V B S D I S C I P L E S , EN LA VILLE DE LYON , au mois d'aoust de l'an 1607. Ne vous abusez poiut, Dieu ne peut estre mocqtté. G l U T . 6, 7. L'AN CIO IOCVH. (in-8° de 8 pages). « Les iesuites nouuellement restablis à Lyon (1), voulans donner du passetemps au peuple, et mesnager par mesine moyen, selon leur coustume , estimèrent qu'il falloit faire parler d'eux à bon escient, et qu'vn spectacle simple et com- mun auroit trop peu de grâce. Pourtant firent-ils le dessin d'vne bien grande et superbe représentation que nous appe- lons Comédie. Aucuns diront que le mot est trop bas, à cause de ce qui fut représenté : voire que la fin requiert qu'on lui donne le nom de Tragédie. Car ils y introduisirent Dieu, les sauuez , les diables, les damnez, charpenterenl un paradis, un purgatoire , un enfer, et tout cela se tourna en luctueuse catastrophe, comme ie le diray ci-après. Mais toutes leurs inuentions cstans ridicules, en inlroduisans leurs disciples pour faire des idoles sur leurs eschafaux, ils se^sont mocqués d'eux-mesnies, de leurs disciples et auditeurs. Combien auss ( 1) Les Jésuites qui avaient été bannis de France en 1S94 étaient rentrés à Lyon le 19 septembre 1603.