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KT DE SA RÉPARATION. 173 création, et la grâce les dons que nous recevons pour notn> sanctification. La nature est tout simplement le don que Dieu a fait à l'homme des conditions de la vie temporelle. La grâce est le don surnaturel que Dieu accorde à l'homme pour le conduire à la vie éternelle. Don surnaturel, d'abord pareequ'il est ajouté pardessus la nature, ensuite parce qu'il est infiniment au- dessus de la nature. Ainsi, on peut dire que l'homme a été créé dans un étal naturel quoique ayant une fin surnaturelle ; et que Dieu aurait pu le laisser dans cet état naturel comme les autres créatures, et comme, au reste, cherchent à y rentrer les hom- mes des sens. Au lieu d'aspirer aux biens surnaturels, ils tournent leurs affections et leurs espérances sur ce monde ; ils se confinent dans l'ordre de la nature. L'homme peut donc séparer la vie de la grâce de la vie de la nature, et vivre de l'une ou de l'autre. Il peut même se renfermer tellement dans la vie de la nature qu'il perde en- tièrement toute vie surnaturelle. Car si Dieu ne devait pas le don surnaturel à l'homme lorsqu'il ne le lui avait pas de- mandé, à plus forte raison lorsqu'il le lui refuse. Or, ce que précédemment nous avons appelé Chute, c'était précisément lorsque l'homme est tombé de l'état surnaturel dans l'état naturel, emportant avec lui, toutes mutilées, ses facultés qui avaient été élevées au diapason de la grâce. Si l'homme eût été placé dans l'état naturel, il n'y aurait pas eu de chute ; ainsi les animaux resteront dans la même condition. En perdant par cette chute la vie de la grâce, l'homme est retombé dans l'êlat naturel, état où il se serait tou- jours trouvé si Dieu, selon la conception du matérialisme,