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116                SUR LE LIEU DE LA BATAILLE

verdun, par exemple, composé du mot latin mons et des deux
mots celtiques ver, gué, dun montagne. Montmelas, château
près de Villefranche, a un nom composé du latin mons et du
mot grec peXa?, noir. Ces ossements et ces armes qu'on a trou-
vées à Montribloud proviennent, sans aucun doute, des sièges
qu'il a soutenus au moyen-âge, dans ces guerres particulières
qui étaient si communes entre les différents seigneurs : en
outre, aucune médaille romaine n'a été trouvée dans ses
environs. Quant aux élévations de terre ou poeppes, qui sont
disséminées sur diverses parties de notre territoire, on doit
certainement leur attribuer une autre origine, bien différente
de celle que leur donne le P. Ménestrier (1) ; et d'ailleurs il
faudrait, dans ce sentiment, puisqu'on trouve de ces poeppes
depuis Bourg jusqu'à Lyon, que la bataille eût occupé un
terrain bien étendu, de dix lieues de profondeur, au moins ;
ce qui serait absurde.
   Mais, pourrait-on m'objecter encore, le nom de Sévère se
trouve évidemment conservé dans celui de Civrieux, village
placé sur notre plateau, comme celui d'Albin, dans le nom
d'Albigny, autre village placé sur les bords de la Saône.
Cela ne semble-t-il pas une preuve que le théâtre de la ba-
taille était celui où on le place ordinairement? Non : si le
nom de Civrieux, Severiacum, était une raison de placer la
bataille dans nos environs, ce serait aussi une raison pour la
placer sur l'autre rive de la Saône, puisqu'on y trouve, à trois
lieues de Lyon, un village de ce nom sur l'Azergue. Le nom
d'Albigny prouverait pour mon sentiment, puisqu'il est près
du lieu que nous assignons pour champ de bataille. Mais ces
lieux ne tirent pas leur nom de la victoire de Sévère ; ils le
tirent des Romains qui y avaient placé leur demeure ou éta-
bli leur villa, comme presque tous les lieux qui environ-

  (i) Voyez la Dissertation sur les poypes, numéro de décembre, t. XXII, p. 444.