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40                 MÉMOIKE SDR i/ATLANTIDE.

   Examinons maintenant, par le moyen de l'aspect et de la
 configuration du pays, la communication que l'antiquité soup-
 çonnait avoir existé entre cette mer et notre Méditerranée.
Le voyageur Délia Cella, parvenu au fond du golfe de la
 grande Syrte, par 30° 7 ' 10" de latitude nord, n'aperçut au
loin aucune trace de montagnes qui, en correspondant avec
les monts Ghoriam et Terhouah (c'est ainsi que s'appelle
l'Atlas à Tripoli) eussent pu réunir le plateau de l'Atlas au
plateau oriental deBarcah. » J'observai pendant notre route,
dit-il, si dans l'horizon il ne s'élevait pas quelque chaîne de
montagnes qui se joignit à des rameaux de l'Atlas, et si, dans
celte supposition, ceux-ci se prolongeraient jusque dans la
Gyrénaïque, où s'ils aboutiraient seulement à la hauteur du
golfe Syrtique; mais je ne sus rien découvrir qui pût confir-
mer cette hypothèse (1). » C'est sans doute de ce canton que
parle Salluste, quand, décrivant les limites des Carthaginois
et des Cyrénéens, il dit : « Entre les deux Etats, il était une
plaine sablonneuse et uniforme, sans fleuve et sans monta-
gne qui pût servir à en former des limites. Ce fut la source
d'une guerre longue et sanglante. Ager in medio arenosus,
una specie ; neque flumen, neque mons erat, qui fines eorum
discerneret. Quce res eos in magno diuturnoque bello inter
se habuit (2). »
   Horneman, dans son Voyage d'Egypte au Fezzan, traver-
sant le désert à peu près vers le méridien cité plus haut, fit
une observation analogue à celle du voyageur précédent.
« Nous trouvâmes, dit-il, en descendant du plateau, la route
escarpée et difficile... Parvenu à la base de la montagne, je
trouvai un morceau de bois pétrifié. Dans la plaine, à quel-
que distance, se voyaient de grosses pierres, ou plutôt des

 (i) Voyage dans le royaume de Barcah, traduit par Pezant, p. 116.
 (2) Guerre de Jugurlha.