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38                        MÉMOIRE SUll   L'ATLANTIDE.

elle le nommait Tritonis ou lac desHespérides, et le plaçait au
loin dans l'Ethiopie. Diodore de Sicile rapporte la tradition
remarquable de son dessèchement par un tremblement de
terre, et place sur ses bords la demeure des Amazones et des
Gorgones voisines des Atlantes (1). L'antiquité le faisait com-
muniquer avec la Méditerranée européenne par un détroit ou
canal placé, suivant les uns, au fond de la grande Syrie,
suivant les autres, au fond de la petite, et qui du grand lac
avait pris le nom de Tritonia. C'est sur cette tradition, non
moins que sur l'aspect physique du pays, que s'appuyait
Erastothènes cité par Strabon (2) et par Aristole dans sa Mé-
téréologie.
   Voilà les seuls indices que nous fournisse la tradition. Mais
leur insuffisance est abondamment suppléée par les preuves
physiques et par l'inspection du pays. L'Afrique présente au
géographe et au géologue dans son intérieur, dans la partie
connue sous le nom de Sahara, l'aspect d'un sol desséché, et
d'un bassin couvert autrefois par les eaux de la mt:r. Les ro-
chers y sont comme cachés sous des amas de cailloux, de ga-
lets et de sable mouvant. Cet espace de plus de 72,000
milles géographiques carrés de superficie, bas , déprimé
entre les montagnes de Kong et celles de l'Atlas, est parsemé
de nombreuses mines de sel gemme, et celles que nous con-
naissons ne sont qu'en bien petit nombre en comparaison de
celles qui nous sont inconnues, et que des couches de sable
couvrent et enfouissent : preuve convaincante de l'ancien
séjour des eaux. Des Caspiennes se montrent çà et là dans
toute cette étendue, entre autres le Tchad, de plus de deux
cents lieues de tour, l'étang ou marais de Wangara, d'un

ont-ils donné deux noms différents au même lac : peut-cire ces lacs ont-ils
disparu et ont-ils élé desséchés par une circonstance particulière !
  ( t ) Livre I I I . ch. 2 7 .
     (*) Gdog. 1. I .