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   Imitateur de J. B. Rousseau, mais peut-être imitateur plus
habile que son modèle, Lefranc de Pompignan conservait pour
son maître un culte extraordinaire, et ce fut ce culte même
qui l'inspira: car ses émotions les plus vraies, son essor le plus
hardi se manifestent dans son ode sur la mort de Rousseau,
ode qui est à la fois un hymne funèbre et une apothéose litté-
raire. L'ode religieuse a peut-être moins d'ardeur et d'en-
thousiasme chez lui ; cependant il y a peu d'expressions de
mauvais goût, et la noblesse des sentiments s'y trouve jointe
souvent à l'harmonieuse structure du vers dont le rhyfhme y
est habilement varié. Ces qualités apparaissent plutôt dans ses
paraphrases des psaumes hébreux que dans ses cantiques dé
Débora, de Nahum, etc.

       Beaux jours de Salomon, jours de calme el de gloire,
       Jours où la paix goûtait les fruits de la victoire,
       Où Sion ne formait que de pieux concerts,
       Cèdres qui du Liban remplissez les asiles,
              Solitudes tranquilles,
       Objets délicieux, renaissez dans mes vers.


       Renaissez, dans mes vers, spectacle qui m'enchante,
       Rivages du Jourdain, nation florissante,
       Cités qu'enrichissaient des habitants nombreux,
       Champs fertiles, vaisseaux dominateurs de l'onde,
              Temple, ornement du monde,
       Roi, modèle des rois, peuples qu'il rend heureux!


N'y a-t-il pas dans ces strophes quelque chose qui nous
rappelle involontairement ces cantiques

       Où nos voix, si souvent se mêlant à nos pleurs,
       De la triste Sion célèbrent les malheurs.