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cet édifice qu'un espace comparativement très-petit. Mais nous ne comprenons
pas que les arts soient relégués au dernier rang dans un local qui leur est prin-
cipalement consacré aujourd'hui, et qui plus tard le sera probablement d'une
manière tout-à -fait exclusive. Laissons de côté toute question irritante de
prééminence entre le commerce et les arts considérés d'une manière absolue.
Mais le commerce, ou pour mieux dire l'industrie, est partout à Lyon, par-
tout il domine plus ou moins : dans le palais Saint-Pierre il n'occupe qu'une
place restreinte et provisoire. Suivant toutes les apparences, la Bourse et la
Chambre de commerce devront, dans un avenir plus ou moins rapproché, éva-
cuer le local qui leur est aujourd'hui attribué pour se prêter aux développe-
ments progressifs de nos galeries d'art et d'antiquités, et aller se réunir dans
un monument spécial au tribunal de commerce ainsi qu'à celui des prud'hom-
mes. C'est une éventualité qui doit être prévue et ne permet pas de donner la
première place au commerce dans cette inscription.
Le palais Saint-Pierre est l'unique sanctuaire des arts à Lyon. Il leur est es-
sentiellement consacré par le fait. Ce qu'on va chercher dans cet établissement,
ce sont avant tout les différentes collections qu'il renferme, et qui l'envahissent
de plus en plus : c'est sous ce rapport qu'il est connu au-dehors, qu'il est une
des gloires de notre cité.
« Nous pensons donc, en mettant de côté toute rivalité jalouse, que dans
l'enceinte de l'édifice la préséance doit appartenir aux arts, et nous croyons
qu'à côté d'eux une mention devrait être accordée à l'industrie dont l'existence
à Lyon est si intimement liée à leur culte, et dont l'inscription projetée ne fait
nulle mention.
« S'il nous était permis, à nous autres profanes, de donner un avis en pareille
matière, nous terminerions ainsi l'inscription, en conservant intactes les pre-
mières ligues :
RESTAURÉ PAR LA CITE AU X I X e
ET TRANSFORMÉ EN UN MONUMENT CONSACRE
AUX A R T S , SOUTIENS DE ^INDUSTRIE,
AUX SCIENCES, AUX L E T T R E S ET AU COMMERCE.
Le Journal de Saint-Etienne ajoute fort judicieusement à son lour :
« Les observations critiques du Courrier sont très sensées, mais elles rencon-
treront inévitablement des résistances académiques et des controverses gram_
maticales de longue et chaude haleine, surtout à rencontre du mot transforme.
11 faut en convenir, transformé en un monument n'est pas du beau style lapi-
daire : c'esl proprement dit une circonlocution, et la circonlocution, nous ap-