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   Ainsi dans le Rhône et l'Arve, il existe une nature de blocs
dont l'existence est liée aux barrages de leurs eaux : au-des-
sus, on trouve des marques de lacs anciens, ou de nappes
d'eau d'une certaine étendue. Au lieu même du barrage, est
une fente qui annonce une ancienne rupture ; et comme les
eaux actuelles ne peuvent pas mouvoir ces blocs, j'explique
leur progression par la crevasse du bassin de ces anciens lacs.
On trouve d'ailleurs dans la Suisse des traces d'anciens lacs qui
ont disparu ; ainsi la plaine d'Interlacken isole les lacs de
Brienz et de Thun anciennement confondus en un seul; ainsi,
au-dessus du Pont du Diable, à Andermatt, jusqu'au delà du
Réalp était un ancien lac, etc.

   Je dirai en terminant que les blocs erratiques ne sont pas
d'une même nature et que leur progression appartient à des
causes multiples. J'ai cherché à distinguer ceux qui parais-
sent appartenir au mouvement des moraines ; j'ai cherché à
prouver que la Suisse couverte était autrefois par des glaciers
plus étendus que les glaciers modernes. Je pense que l'étude
des roches polies et striées apprendra à connaître la limite
inférieure des moraines anciennes et donnera l'explication de
certains blocs erratiques. Celle limile sera déterminée par
les géologues qui se donneront la peine de vérifier la ressem-
blance de ces roches polies dans toute l'étendue du bassin
d'une même rivière. La rupture de certains lacs explique la
progression d'autres blocs. Ayant examiné la question des
blocs erratiques par rapport à des localités déterminées, je me
suis abstenu à dessein de parler des causes générales auxquel-
les [on attribue leur progression, telles que les courants dilu-
viens, le soulèvement des hautes chaînes de montagnes, etc.
  Ce discours de M. le docteur F. Bravais suffit pour faire
voir qu'il adopte quelques-unes des vues de M. Hier et des
géologues suisses, et que d'un autre côté, en reconnaissant