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l'existence des débâcles des lacs alpins, il rentre par cela même
dans la théorie de M. Elie de Beaumont.
M. l'abbé Croizet signale à son tour quelques faits paléonto-
logiques qui pourront jeter quelque jour sur la question. Il est
certain pour lui que les animaux antédiluviens indiquent en
général l'existence d'une température plus élevée que celle de
nos jours. Cependant, ce qui prouve qu'il y a eu un abaisse-
ment de température momentané, c'est qu'il a trouvé à Nes-
chers en Auvergne, sous une coulée de laves, divers animaux
entièrement semblables à ceux du Nord. Ce sont des rennes et
des gloutons.
Il appuie, du reste, les courants diluviens qui sont démontrés
pour sa localité par les restes d'argile et les galets jetés sur les
montagnes de l'Auvergne, et sur les traces d'érosion qui sont
telles , que les courants diluviens plus encore que les soulève-
ments, ont contribué à en façonner le sol.
Passons maintenant à l'exposé des faits avancés par les me-
mbres qui ont soutenu la théorie diluvienne pure et simple.
M. Achard James, président de l'Académie de Lyon, qui a
étudié les principaux phénomènes des Alpes avec d'autant
plus d'impartialité qu'il ne connaissait aucune des théories
géologiques, commence par établir des distinctions auxquelles
les observateurs précédents n'ont malheureusement pas ap-
porté une attention suffisante. D'après ses observations, il y
aurait deux sortes de moraines fort différentes les unes des au-
tres, savoir: les moraines proprement dites qui appartiennent
aux glaciers, et les moraines des nanls sauvages, que M. Elie
de Beaumont a déjà désigné sous le nom de talus d'entraîne-
ment.
Ces talus d'entraînement se trouvent à l'embouchure de
toutes les vallées et de tous les ravins latéraux des Alpes, et
celui que M. le docteur F. Bravais a signalé à Viesch, rentre
précisément dans cette catégorie. Mais leur configuration n'a