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aussi ouvrage les Noirs ; que l'Académie choisisse elle-même
le sujet qui lui paraîtra le plus piquant ou le plus utile. La
sévérité qu'elle vient de montrer, doit encourager les gens de
lettres à de plus grands efforts pour obtenir des couronnes
si difficilement accordées.
   « Je suis, Monsieur, avec respect, pour vous et pour nos
illustres confrères, votre très-humble et très-obéissant ser-
viteur.
                                             « RàïNAL. »

    L'Académie choisit donc le sujet suivant : Quelles vérités
et quels sentiments importe-t-il le plus d'inculquer aux hommes
pour leur bonheur? La valeur du prix se composait des 1,200 f.
qui avaient été donnés pour la question relative à l'Amé-
rique.
    En publiant son programme, le 15 décembre 1789, l'Aca-
démie avoua qu'elle avait cru devoir s'arrêter à un sujet un
peu vague , afin d'éviter toutes les questions dont l'examen
et la décision étaient soumis, en cet instant, au tribunal su-
p r ê m e de la nation.
    C'est à ce concours, ouvert pour 1791, que Bonaparte en-
voya un mémoire. Il y en eut quinze d'admis, et un seizième
parvint après la clôture du concours. L'ouvrage de Bonaparte
porta le N° 15. La commission d'examen se composait de
MM. de Campigneules, J a c q u e t , Malhon de la Cour, Yasse-
lier et de Savy, qui fut le premier maire de Lyon. Après un
mûr e x a m e n , aucun des ouvrages ne parut mériter la cou-
ronne. Le discours coté N° 8 , avec cette devise : Non pro-
priœ gloriœ sed utilitati omnium, fut mentionné honorable-
ment , et le prix renvoyé à deux ans par une délibération
du 29 novembre 1791. Ce dernier m é m o i r e , non plus que le
N° 1 5 , n'existe pas dans les portefeuilles académiques. J'ai
lieu de croire qu'il fut couronné plus tard.
    Quant au travail du jeune Bonaparte, il fut jugé d'une t r è s -
grande médiocrité, d'après les extraits qui furent faits par