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que « tout doit céder à l'éloquence » ; mais bien vaguement, on va le voir :
« D'autre part, il a pensé que ce combat pouvait avoir trait aux jeux et aux
disputes d'éloquence fondés par Caligula devant l'autel d'Auguste. Il y
reconnaît même, selon les règles d'Aristote, les trois genres d'éloquence et
de poésie ». Le démonstratif serait représenté par le satyre, le délibératif
par Silène, le judiciaire par l'Amour; Minerve ou Hermathène, déesse de
l'éloquence, présiderait le concours. J'ignore à qui appartiennent réellement
ces sottises qu'Artaud met au compte de Spon. Pour le sien propre, il pré-
sente ensuite comme une addition une idée toute différente : « Notre
archéologue aurait pu ajouter encore que les jeux inventés par Caligula se
faisaient en l'honneur du dieu Silvain, que, ce dieu étant présent, le génie
de l'éloquence a vaincu la nature sous les traits du dieu Pan qu'on voit
enlacé l, et l'Hermès ou le dieu de la palestre serait la statue qu'on avait
coutume de placer dans les lieux du combat... ». Ne retenons de toute la
divagation que ce dernier détail2.
La notice de Comarmond 3, dont la partie descriptive n'est point mau-
vaise, constitue pour l'exégèse une aberration non moins déplorable. Il
commence par se déclarer très embarrassé ; il conclut, son explication
donnée : « Cette scène allégorique est difficile à interpréter et nous devons
laisser le lecteur libre de l'expliquer à sa manière. « Son idée à lui, la voici.
L'Amour est aux prises avec un satyre; mais il s'agit d'une rencontre «sen-
timentale » plutôt que d'une lutte ; il s'agit « de l'expansion d'une passion
que fait naître Cupidon et qu'il encourage de tous ses efforts». L'Amour
porte ses deux bras en avant, « non dans le geste de la défense ou de l'atta-
que, mais dans celui d'accorder une faveur ». Le satyre, son partenaire,
« est dans une pose à lui demander une faveur plutôt qu'à vouloir entrer en
lutte ». Rien ne prouverait que le personnage debout, à droite, soit Silène ou
i. Plus loin, p. 59, en expliquant pourquoi « le satyre capripède qui combat avec l'Amour parait n'avoir
qu'une main libre », Artaud propose une nouvelle interprétation du tableau, qui est une variante de celle-ci :
« Pan ou la nature, enchaîné et vaincu par l'amour honnête, semblerait le caresser de la main qui lui reste
libre, et le sujet serait bien rendu par le vers d'Ovide : Omnia vincit amor, et nos cedamus amori ». Nous
verrons que ce vers n'est pas d'Ovide et qu'il faut l'appliquer à la toute puissance de l'amour sans épithète.
2. Mazade d'Aveize, Lettres à mafillesur mes promenades à Lyon, 1810,1, p. 136, affirme que la mosaïque
du Gourguillon « donne des lumières sur le culte que les anciens Celtes rendaient à Mercure et à Minerve,
unis ensemble sous le nom d'Herm-Athènes ».
3. Description..., p. 688 et suiv.