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méridional de la colline de la Croix-Rousse r . Malgré leurs belles églises,
qui viennent s'ajouter à celles qui existent déjà et achèvent la parure de la
ville, ce sont encore de grandes propriétés que ces couvents, avec leurs
constructions tant en bois qu'en pierre ; ainsi la maison du Temple com-
prend, en dehors de la chapelle et des bâtiments claustraux, des granges,
des écuries, des vignes, des jardins 3 . Cependant les avantages matériels et
moraux que comporte leur voisinage attirent les habitants sur la petite place
qui s'ouvre devant leur principale entrée, et cette place se borde de maisons
qui constituent de nouveaux groupements désignés d'après leur emplace-
ment par rapport aux églises 3.
       C'est une véritable colonisation, en somme, à laquelle on assiste ; mais
la presqu'île doit au christianisme encore autre chose. Le xn e et le xui e
siècle sont l'époque des croisades, de ces entreprises qui ne furent pas
seulement des guerres lointaines suggérées par le désir de libérer le tom-
beau du Sauveur, mais de véritables déplacements de peuples. Aux hom-
mes d'armes se joignaient des femmes, des enfants, toute une valetaille et
aussi toute une séquelle de mercantis qui suivaient l'armée pour la ravitail-
ler et faire de l'argent. D'autre part, entre les grandes croisades dont l'his-
toire a enregistré le nombre, se placent quantité d'expéditions de moindre
importance, d'un caractère économique autant que politique, et de pèleri-
nages qui, chaque année, jettent sur les routes d'Orient des milliers de
chrétiens. Lyon est sur l'une de ces routes ; Lyon est l'étape obligatoire
pour les Français du Nord et les Anglais, soldats, pèlerins ou marchands,
qui vont s'embarquer dans les ports de la Méditerranée et gagner la Syrie.
Ce n'est pas seulement pour mieux communiquer entre eux, mais pour
faciliter le passage des voyageurs, que les Lyonnais ont construit un pont

      i. Carttd, lyonnais, t. II, n. 831.
     2. Capella, grangias, stabulis et aedificiis quibuscunque, vintis, hortis... sitis infra ciausum dictae domus
 (la Fondation du monastère des Célestins, p. 4, n. 1). De même, les Jacobins ont « vineam... et ortum seu
virgultum (Grand Carttd. d'Ainay,t.I,n° i-$j),et la « maison de la Déserte» est décrite dans un acte de 1284:
domus que dicitur de déserta cum orto seu curtile, vinario et omnibus arbortbus et pertinenciis ipsius domus, que
sunt infra clausuras domus supradicte et cum vinea ipsi domui adjacente (Cartul. lyonn., t. II, n° 800).
      3. Ante sanctum Nicetium (Cart. lyonn., I, n° 386). Ante portam Fratrum minorum (Obit. de Saint-
Pierre, p. 26). Devant la porte de Saint-Pierre (Obit. de Saint-Pierre, appendice). Devant la place de la
Platière, allant de la porte de l'église à la Saône (Cartul. lyonn., I, n° 53 ; Cartul. munic.t n° LXXIIII).
Ce petit centre de la Platière, avec sa place et sa grande rue allant vers la porte Saint-Marcel (Cartul.
lyonn., 1.1, n° 386 ; Obit. de Saint-Pierre, p. 8, n. 4,26) est un des plus caractéristiques.