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      ABBAYE DE SAINÃ-PIERRE. — L'importance générale de l'abbaye de Saint-Pierre à
ses débuts résulte du nombre de ses religieuses et de ses biens, d'après le rapport de
Leidrade à Charlemagne et le Liber confraternitatum de Reichenau. A Lyon même, le
clos de Saint-Pierre (clausus Sancti-Petri ) était très étendu, ainsi qu'on pouvait s'en
rendre compte encore beaucoup plus tard, au début du xvie siècle (Coville, Une visite
à Saint-Pierre en 1503, p. 242-243). Mais il y a, comme pour Ainay, des textes précis
et significatifs :
      i° Le 23 juin 1245, Innocent IV, confirmant les possessions de cette abbaye,
énumère : locum ipsum in quo prœfatum monasterium situm est cum omnibus pertinentiis
suis ; quamdam partem portas Rhodani apud pontem ; annuum censum decem solidorum
super molendinos Rhodani ; décimas sancti Pétri cum censibus aliis ipsius ecclesie pro-
ventibus; Sancti Irenei super ripam Rhodani (Saint-Clair), Sancti Cosmi, Sancti Satur-
nini capellas cum insula juxta sanctum Ireneum, magnam quoque insulam ex altéra parte
Rhodani cum appenditiis suis ; grangiam ultra Rhodanum cum pertinentiis suis. (Car-
tulaire lyonnais, 1.1., n° 40).
     2° En 1350, toutes les maisons situées sur le côté sud de la rue Grenette sont
mouvantes de la directe de l'abbesse de Saint-Pierre (Vermorel, Historique des maisons
situées sur le coté sud de la rue Grenette, p. 1. Arch. mun. ; ms.).
     3 0 Vers 1130-1150, l'abbesse revendique contre le clergé de Notre-Dame de la
Platière quoddam locum qui vocatur Griffo, qui parrochiam unucuique dividebant
(Cartulaire lyonnais, 1.1, n° 32).
     40 Agnès de Charuin, abbesse de Saint-Pierre, transige en 1291 avec les Cordeliers
au sujet des droits de directe sur de nombreux fonds situés dans la ville, et en 1293
donne l'investiture de plusieurs maisons placées dans les rues rayonnant autour du
Puits-Pelu et sur Saint-Clair (G. Guigue, Obituaire de Saint-Pierre, p. 54, n. 1, 55,
n. 1).
     50 Une sentence de 1474 déclare l'hôpital de Sainte-Catherine de la directe de
Saint-Pierre (Obituaire de Saint-Pierre, p. 46, n. 2).
     Il est curieux enfin de constater que, dans une charte de 1251 qui doit contenir
une formule périmée, mais qui s'accorde tout à fait avec mon hypothèse, les abbayes
de Saint-Pierre et d'Ainay apparaissent chacune dans son île : ultra Rodanum, in
campo magno, inter insulam sancti Pétri et insulam Athanacense (Cartul. lyonnais, I,
^464).

II. — LES BOURGS LYONNAIS.

      Il est à peu près certain que le territoire compris entre le Rhône et la Saône cons-
tituait primitivement tout le bourg ou le faubourg de Lyon, en opposition avec
la ville située en face. (Monasterium... inter Ararim et Rodanum situm in burgo Lug-
dunensi. Diplôme de Lothaire II en faveur de l'abbaye de Saint-Pierre, du 18 mai
863, dans Recueil des historiens de France et des Gaules, VIII, 408. — Suburbium