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                        CONSTANCE DAYMER.                        225
qui les exploite par leur incessante variété, condition de leur
succès. Ils demandent moins de fonds et rendent cependant un
intérêt bien plus élevé, soit 40 ou 50. p.100. C'est dans la coif-
fure et accessoires que je me suis fixé, je crois définitivement. la
ganterie, la brosserie, la parfumerie, sont des articles à la fois de
goût, de mode et de première nécessité. Pellerin, mon patron, a
incontestablement la première maison de Lyon; il veut se retirer
et m'a offert sa place. Nous avons été tout de suite d'accord, saul
sur une condition. Avec son fonds, clientèle et marchandises,
subrogation au bail, tout ce qu'on cède ainsi d'ordinaire, il veut
faire passer une fille, qui est, dit-il, le plus bel agencement de
son magasin. 11 est certain qu'Ernestine fait assez bien à la
banque, entre deux glaees, et je sais qu'elle a eu des amateurs.
Mais elle ne me plaît pas; aussi, q'ueiqu'elle se soit mêlée du
traité au poiat de me faire la cour, j'ai refusé une fois, deux
fois, et définitivement.
    Voilà la situation des affaires. Je suis déterminé à me mettre
à mon compte en créant un fonds rival de Pellerin. Je choisirai
la place des Terreaux ou la rue Impériale,l'endroit le plus voyant
de Lyon. Le reste à l'avenant, un magasin splendide, des glaces
partout au dedans, des flots de cheveux a,u dehors, tombant
en cascade du premier, où sera le salon des dames, sur lé rez-
de-chaussée ouvert, en deux compartiments distincts, à l'or-
nement des têtes du vilain sexe et à la vente des articles de
goût. L'un sera mon domaine et l'autre l'empire de ma femme.
Il y a deux mois, j'avais envie de faire, avec une demoiselle
que vous devinerez, un mariage de raison. Elle a quelques éco-
nomies, avec de l'ordre ; et une fleuriste eût prospéré dans la
 coiffure de dames. Ma bonne étoile a voulu que j'aie avec elle
 une petite altercation qui m'a fait réfléchir sur son caractère en
 particulier et le mariage en général. J'ai songé que ce n'est pas
 là simplement une affaire industrielle, comme l'achat ou la créa-
 tion d'un fonds ou un emprunt à négocier s»r mes propriétés.
 Le nouvel an est arrivé m'apportant le plus grand bonheur que
j'aie eu de ma vie, celui de vous voir. Adieu l'amje d'Angèle
 Pomard, adieu Ernestine Pellerin plus que jamais ! Je n'ai plus