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L'ATTIQUE. 431 — Vous êtes le bien venu ! me dit-elle ; bonsoir, Dimitri ; tu vois, je t'attendais. Elle avait, en effet, déjà disposé une table pour notre repas et la place de nos lits de camp. — Comment pouvais-tu m'attendre, lui répondit mon guide ? nos bagages ne sont pas encore ici, et je n'ai envoyé personne pour te prévenir. — Je t'ai vu de loin, et j'ai reconnu le cheval que tu avais à ton dernier passage ; comme je savais bien que tu ne descen- drais pas ailleurs que chez mon père, j'ai tout préparé pour te recevoir. Dis à ton maître qu'il n'y a pas de luxe ici , mais une cordiale hospitalité pour les étrangers. — Je le sais, tu es une bonne fille, et quoique ton père, le démarque, soit un peu brutal, et que, soit dit sans l'offenser, il aie plutôt l'air d'un brigand que d'un honnête homme qu'il est, je ne choisirai jamais à Marathon d'autre gîte que celui-ci. Outre que tu as un bon cœur, tes deux beaux yeux bleus, les deux seuls que je connaisse dans l'Attique et le Péloponèse, valent bien la peine qu'on passe par dessus la mauvaise grâce, de ton père. A ce moment, le jeune homme qui avait interrompu sa chan- son en nous voyant, la reprit à l'endroit même où il l'avait laissée ; c'était une chanson d'amour. Je vis alors une éclair de joie illuminer le regard mobile de la jeune fille, et un sourire heureux passer doucement à travers ses lèvres minces et roses. Dimitri s'aperçut aussi de l'émotion que ce chant produisait sur elle, car il lui dit : — Je t'y prends, ma belle fille; ton œil a brillé, tu as souri, tu rougis encore et tu prêtes l'oreille: tu aimes. ; — Si je l'avais voulu, Dimitri, tu n'aurais rien vu malgré ton regard exercé, et tu n'aurais pas plus fait attention à cette chanson-là , que ton maître à celle que tu fredonnes en che- minant, quand le temps te paraît long et la route monotone. Mais pourquoi te le cacherais-je ? tu as toujours été bon pour moi, et tu m'as souvent apporté d'Athènes de ces présents qui font plaisir aux femmes. Et puis tu voyages sans cesse, et tu