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SUa LE TABLEAU VOTIF DE VICTOR ORSEL 147
Le Christ, la Vierge, les anges ont seuls en partage la beauté
parfaite, la dignité, la puissance absolue : les hommes sont ca-
ractérisés par une beauté inférieure que l'ignorance et la faiblesse
diminuent, et que les passions troublent et attristent.
Un élément méconnu par les anciens, le libre arbitre, avait en
effet surgi et changé l'aspect et l'idéal de la figure humaine.
Le Fatalisme, le Panthéisme, dont la conséquence dans les
arts était de répandre une beauté uniformément élevée sur tous
les êtres, puisque tous les êtres participaient d'une même nature,
avaient cédé la place aux dogmes de la liberté et de la respon-*
sabilité humaine, du péché originel et de la rédemption.
De là , pour l'art moderne, la nécessité de ne pas confondre la
nature divine et la nature humaine, et de varier les degrés de la
beauté, pour l'homme déchu de sa perfection primitive et qui
aspire à y retourner.
Les artistes du XIVe et du XVe siècles se renferment exclusi-
vement dans ce monde chrétien, le seul approprié à nos idées,
le seul où notre raison et nos sentiments trouvent une satisfac-
tion complète.
Inventeurs d'un nouvel art, -vivement frappés de la réalité
des faits qu'ils signalaient les premiers dans ce langage qui s'a-
dresse aux yeux, ils se maintinrent toujours dans la véritable
route et obéirent sans efforts aux conséquences logiques de leur
.conception.
Après eux, vinrent d'autres artistes qui sentirent le besoin de
perfectionner l'exécution, et, de même que le corps réagit sur
l'âme, il arriva que le développement des ressources matérielles
de l'art nouveau altéra quelque peu sa pensée primitive.
Michel-Ange et Raphaël étudièrent avec soin les œuvres de
l'antiquité.
Michel-Ange lui emprunta fréquemment ses plus beaux,
types.
Raphaël, dans plusieurs de ses compositions, semble vouloir
disputer aux Grecs le mérite de la pureté, du calme et de la grâce.
L'art nouveau suivait ainsi une pente naturelle, mais dan-
gereuse.