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148        6UR LE TABLEAU VOTIF DE VICTOR ORSEL
    Cette étude de la forme, sous l'inspiration des artistes pan-
 théistes, devait obscurcir à la longue et faire oublier les'vérita-
 bles caractères du monde chrétien, l'esprit de lutte et la beauté
 spirituelle qui lui appartiennent.
    Plus tard, l'art s'éloigna bien plus encore de ses premières
 préoccupations ; à la perfection de la forme, on voulut joindre
 les effets de la lumière, l'éclat, l'harmonie du coloris, et l'on
 alla si loin dans ces recherches d'un ordre inférieur, que l'art,
 convaincu de futilité, manquante foi, de grandeur, d'intelligence
 des passions, se vit, dans le XVIIIe siècle, délaissé et menacé
 de périr.
    Notre siècle est témoin d'une nouvelle renaissance. Mais nos
 artistes ne sont plus guidés par la seule lumière naturelle, ils ont
 sous les yeux les exemples de ceux qui les ont précédés, ils ont
 à explorer les diverses routes qui ont été ouvertes avant eux,
 et les entraînements contraires auxquels ils sont exposés, comp-
 tent parmi les plus grandes difficultés qu'ils aient à vaincre pour
 arriver à de grands résultats.
    Nos peintres ont pour point de départ l'austérité, l'ardeur, la
simplicité, la justesse d'observation qui se montrent dans les
compositions du Pérugin, du Giotto et des anciennes écoles de
 Pise et de Sienne.
   Ils doivent encore étudier les Maîtres de la forme, Michel-Ange,
Raphaël, leurs élèves et leurs émules. Ils ont à résoudre le pro-
blème de conserver dans son intégrité l'inspiration des premiers
maîtres qui est la bonne et la vraie, en y ajoutant la science
d'exécution que nous sommes habitués à exiger aujourd'hui.
   Si, parmi les artistes de notre temps, il n'en est point encore
que l'on puisse placer à côté des illustres chefs des écoles italien-
nes, plusieurs d'entre eux cependant ont déployé dans l'art re-
ligieux une supériorité incontestable.
   M. Ingres, y apporte surtout le sentiment du beau, le respect
dès grands maîtres, l'étude sévère et délicate de la forme, mais
on cherche parfois le souffle de la vie dans ses œuvres.
   M. Hippolyte Flandrin a fait les belles peintures de Saint-
6ennain-des-Prés, il a exécuté la décoration si remarquable et