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118 DE L'HISTOIRE qui a si bien su mériter la dernière partie du nom qu'il s'est donné et si peu la première. 11: est donc incontestable que cette formule ~. « la Société se meurt depuis la Renaissance » a fait le fond de presque toutes les publications catholiques, comme cette autre formule : « depuis la Renaissance, le dogme religieux est mort » a été le mot d'or- dre répété à plaisir dans presque toutes les publications anti- catholiques. Oui, l'on pourrait réduire au court dialogue sui- vant toute la discussion religieuse de notre siècle.-—L'humanité ne vit plus du Christianisme. — Tant pis pour l'humanité. — Elle fait pourtant tous les jours de nouveaux progrès. — Oui, de nouveaux progrès dans la décadence , de nouveaux progrès vers la mort ! Or, si la discussion qui tourmente toutes les âmes peut se ra- mener à ces termes, il est facile de voir combien l'état de la question serait changé dans l'hypothèse où des investigations historiques consciencieuses confirmeraient ce soupçon de M. Oza- nam « qu'il y a peut-être entre le moyen-âge et la Renaissance une moindre rupture qu'on ne pense (1). » Que si, de plus, on arrivait à démontrer par des faits que le principe chrétien, au lieu d'avoir été vaincu au XVIe siècle, a vu se réaliser, à cette époque, un de ses plus beaux triomphes et a pénétré dans les âmes et dans la science plus qu'il ne l'avait fait jamais, que deviendraient les objections des rationalistes exclusifs et ce lieu commun de l'incrédulité : la foi est l'ennemie irréconciliable du progrès ? Que deviendraient aussi, de leur côté, les déclamations des petits disciples du grand de Maistre, contre cette pensée moderne qu'ils accablent de toutes les ma- lédictions et de toutes les prophéties de malheur, pour la con- traindre à se suicider ? Que deviendraient toutes ces fureurs con- tre la raison et contre ceux qui ont l'impiété de s'en servir, tou- tes ces rages de calomnies contre le présent et de défiances contre l'avenir, dont un journal, soi-disant religieux, s'est fait (i) Voir, dans le Correspondant, les belles et intéressantes études de M. Ozanam sur les poètes franciscains.