Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                DE LA PHILOSOPHIE SCOLASIIQUE.                   119
  l'écho, et qu'a cherché vainement à calmer la voix du vénérable
  archevêque de Paris?
     Qu'on y réfléchisse! Si l'histoire, telle qu'on nous la présente
  de part et d'autre, est vraie, il faut logiquement que la thèse ra-
  tionaliste aboutisse à toutes les excentricités des ouvrages polé-
  miques de M. Michelet, et la thèse chrétienne, à toutes les
 démences de ce livre odieux qu'on appelle.- Les libres Penseurs.
- Cela seul nous conduirait déjà à penser que cette prétendue his-
 toire, qu'on nous raconte sur tous les tons, pourrait bien n'être
  qu'un roman, ou du moins qu'elle renferme de profondes inexac-
 titudes. Oui, en présence de ces luttes furieuses et sans dénoue-
 ment possible, on est en droit de présumer que le terrain de la
 discussion a été mal choisi. Quand un problême reçoit deux solu-
 tions qui ne sauraient légitimement triompher l'une de l'autre, et
 qui conduisent toutes les deux à des folies, condamnées par tous
 les esprits -tempérants et raisonnables, c'est que le problême a
 été mal posé, c'est que le principe d'où partent à Tenvi les deux
 écoles irréconciliables est essentiellement faux ou inexactement
 interprété.
     A ce point de vue, il est facile d'assigner à l'étude de la sco-
 lastique un but capital, et d'avoir, dès lors, dans ce but lui-même,
 un moyen de classer les systèmes qu'elle a produits et d'appré-
 cier l'influence relative des idées innombrables qu'elle a éla-
 borées.
     C'est, en définitive, le mouvement philosophique d'une époque
 qui, depuis le triomphe du christianisme sur le monde païen,
 explique, en le déterminant, le mouvement scientifique, le mou-
 vement politique, le mouvement industriel, ou, en un mot, le
 mouvement social qui la caractérise. Que résulte—t—il de là? Il
 en résulte que, si nous voulons nous rendre compte du préjugé
 historique que nous venons de constater, si nous voulons savoir
 si la pensée du moyen-âge et la pensée contemporaine vivent
 de deux vies, c'est-à-dire de deux religions différentes, ou, au
 contraire, se meuvent sous l'influence du même principe; en un
 mot, si nous voulons connaître quelle est, dans sa nature intime,
le rapport qui existe entre la Renaissance elles siècles qui la pré-