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LOUIS-PHILIPPE D'OBLÉANS. 383
et ceux de ses frères et le but de leur voyage. Le capitaine
Cocbrane les reçut à son bord avec courtoisie, et les dirigea
sur l'île de Cuba, où ils débarquèrent le 30 mars 1798.
Ni l'extrême circonspection de leur conduite, ni la par-
faite innocuité d'une vie retirée, ni l'accueil favorable des au-
torités de la Havane ne purent les y soustraire à de nouvelles
persécutions. Un ordre daté d'Aranjuez, le 21 mai 1799,
enjoignit au capitaine général de Cuba de faire reconduire les
trois proscrits à la Nouvelle-Orléans. Mais ils résistèrent Ã
cette injonction tyrannique, et, jetant les yeux sur l'Angle-
terre comme sur le seul asile qui leur offrît quelque sécurité, ils
se rendirent aux îles Bahamas, puis à Halifax, où le duc de
Kent, l'un des fils du roi Georges III, leur tendit une main
amie. Ce prince sollicita et reçut du ministère britanique la
permission de faire passer les exilés en Angleterre sur une
frégate anglaise. Les trois princes s'embarquèrent à New-
York sur le Granlham, et arrivèrent à Falmouth dans les
derniers jours de janvier 1800. Après avoir demandé un sim-
ple transit en Angleterre, ils obtinrent l'autorisation d'y fixer
leur résidence, sous la promesse de ne point se mêler au
mouvement politique. Le duc d'Orléans avait déclaré d'ailleurs
son intention formelle de ne jamais porter les armes contre
son pays (1).
Ici s'ouvre une nouvelle phase de la vie si accidentée
de Louis-Philippe. Nous avons vu ce prince livré d'abord
à l'influence exclusive des idées révolutionnaires, par-
tager ensuite son adolescence entre le tumulte des camps
et les loisirs errants de l'exil. Son esprit semblait fermé
jusqu'alors à toute pensée de rapprochement avec les nobles
débris de celte branche aînée des Bourbons dont le séparaient
(i) Moniteur du ag pluviôse an VIII.