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382              LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS.

de leur excursion. Enfin, après avoir payé un juste tribut d'ad-
miration à la prodigieuse cataracte de Niagara, ils franchirent
la frontière canadienne, s'arrêtèrent quelques heures au vil-
 lage des Indiens Chippewas, rendirent à Washington une
seconde visite, et revinrent à Philadelphie par Tioga et Wil-
kesbaire, sur la fin de juin 1797. Deux jours après, la fièvre
jaune envahit cette ville ; mais telle était, malgré la plus sé-
vère économie, la détresse des trois princes, qu'ils ne purent
quitter ce séjour pestilentiel. Au mois de septembre suivant,
ils reçurent quelques secours de leur mère qui leur permirent
d'entreprendre une nouvelle excursion à New-York, à Boston,
à Rhode-lsland, et dans les états de Massachussets, deNew-
Hampshire et du Maine.
   Ce fut pendant celte dernière excursion que les augus-
 tes exilés apprirent le coup d'état du 18 fructidor, et la loi
qui expulsait de France tous les membres de la maison de
Bourbon. Atteinte par cette nouvelle proscription, la duchesse
douairière d'Orléans avait été forcée d'émigrer en Espagne.
Ses trois fils résolurent sur le champ de se rendre auprès
d'elle, projet difficile à exécuter à cause de la guerre qui
existait alors entre l'Angleterre et la Péninsule. Ils partirent
pour la Havane le 10 décembre 1797, et descendirent au
milieu des glaces l'Ohio et le Mississipi, jusqu'à la Nou-
velle-Orléans , dont le gouverneur et les habitants les trai-
tèrent également bien. Après un séjour de cinq semaines dans
cette colonie, où ils attendirent vainement de la Havane une
corvette espagnole, les trois voyageurs s'embarquèrent sur
un navire américain. En traversant le golfe du Mexique, ils
rencontrèrent une frégate anglaise surmontée du pavillon tri-
colore, qui leur envoya quelques boulets de canon. Un lieu-
tenant de marine vint signifier aux passagers qu'ils étaient
prisonniers. Sans perdre, à cette fâcheuse nouvelle, le sang-
froid qui lui était propre, le duc d'Orléans déclina son nom