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50 i L'auteur intitule son livre de Y Unité spirituelle, parce qu'une telle unité est celle à laquelle le genre humain est ap- pelé dès ce monde pour pouvoir remplir ses destinées abso- lues, comme le disent ces mots du Christ que M. Blanc Saint- Bonnet a pris pour épigraphe : Sint unum sicut et nos unum sumus; et comme cette unité s'opère par le moyen de la so- ciété, qu'elle est. la société elle-même et qu'elle la conduit au but marqué par Dieu, l'auteur complète ainsi son titre : De la société, et de son but au-delà du temps. Cette société absolue, éternelle, qui est la fin de la création, est par conséquent la fin de la société terrestre ; c'est dans cette dernière que les éléments de l'autre s'élaborent, c'est elle que le philosophe se propose d'étudier. Il cherche d'abord quelle doit être sa méthode et dans quel ordre logique les questions doivent être examinées. Sur la méthode; il constate que tous ceux qui ont traité la science sociale par la méthode expérimentale sont arrivés au fatalisme, à la négation de la légitimité de la société, à des systèmes monstrueux sur l'organisation sociale ; ainsi Grotius, Hobbes, Locke, Hutcheson, Pufïendorff, Montesquieu lui-mê- me, Rousseau, Machiavel, Volney, Bentham, elc, aboutissent a cette conclusion, que la société est un état contre na- ture ; comme elle est nécessaire pourtant, ces écrivains ad- mettent pour l'établir, les uns un contrat social, les autres le despotisme, deux hypothèses dont l'une est contraire à l'ex- périence, l'autre à la raison. / Quelle est doncla méthode à suivre dans l'étude des sciences morales et particulièrement dans l'élude de la société, combien y a-t-il de méthodes? Il ya deux méthodes, comme il y a deux ordr§(flie réalités à étudier, la réalité physique et la réalité morale, l'ame et le monde. Les lois de la réalité physique sont fatales; en elle ce qui est, c'est ce qui doit être ; chaque fait confirme invaria-