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L'auteur intitule son livre de Y Unité spirituelle, parce
qu'une telle unité est celle à laquelle le genre humain est ap-
pelé dès ce monde pour pouvoir remplir ses destinées abso-
lues, comme le disent ces mots du Christ que M. Blanc Saint-
Bonnet a pris pour épigraphe : Sint unum sicut et nos unum
sumus; et comme cette unité s'opère par le moyen de la so-
ciété, qu'elle est. la société elle-même et qu'elle la conduit
au but marqué par Dieu, l'auteur complète ainsi son titre :
De la société, et de son but au-delà du temps.
   Cette société absolue, éternelle, qui est la fin de la création,
est par conséquent la fin de la société terrestre ; c'est dans
cette dernière que les éléments de l'autre s'élaborent, c'est
elle que le philosophe se propose d'étudier. Il cherche d'abord
quelle doit être sa méthode et dans quel ordre logique les
questions doivent être examinées.
   Sur la méthode; il constate que tous ceux qui ont traité la
science sociale par la méthode expérimentale sont arrivés au
fatalisme, à la négation de la légitimité de la société, à des
systèmes monstrueux sur l'organisation sociale ; ainsi Grotius,
Hobbes, Locke, Hutcheson, Pufïendorff, Montesquieu lui-mê-
me, Rousseau, Machiavel, Volney, Bentham, elc, aboutissent
a cette conclusion, que la société est un état contre na-
ture ; comme elle est nécessaire pourtant, ces écrivains ad-
mettent pour l'établir, les uns un contrat social, les autres le
despotisme, deux hypothèses dont l'une est contraire à l'ex-
périence, l'autre à la raison.                                      /
   Quelle est doncla méthode à suivre dans l'étude des sciences
morales et particulièrement dans l'élude de la société, combien
y a-t-il de méthodes?
   Il ya deux méthodes, comme il y a deux ordr§(flie réalités
à étudier, la réalité physique et la réalité morale, l'ame et le
monde. Les lois de la réalité physique sont fatales; en elle ce
qui est, c'est ce qui doit être ; chaque fait confirme invaria-