page suivante »
40G
d'observations et de raisonnements, que l'économie politique
ne comprend pas seulement la connaissance des lois qui r è -
glent la production et la distribution des richesses, mais qu'elle
comprend encore la science sous l'inspiration de laquelle doit
agir le législateur quand il fixe les principes qui doivent p r é -
sider au perfectionnement moral, au bien être, aux droits et
aux devoirs des populations.
Cette tendance de la nouvelle école à définir enfin d'une
manière large et rationnelle le domaine de l'économie politi-
que, est un heureux symptôme des progrès réalisés par cette
science et des succès qu'elle peut désormais obtenir. Encore
quelques efforts, et les entraves que lui ont imposées les an-
ciens auteurs auront disparu, et elle pourra librement déve-
lopper ses investigations et compléter ses bienfaits.
Cette ère nouvelle avait été pressentie par notre célèbre
J . B. Say dans son bel ouvrage intitulé : Traité d'Economie
politique, ou simple exposition de la manière dont se forment, se
distribuent et se consomment les richesses. Adhérant à la défini-
tion posée par Adam Smith, dont il fut le disciple et dont il
perfectionna les doctrines, ce savant auteur indiquait par le
litre même de son excellent livre , le cercle circonscrit dans
lequel il pensait que la science économique devait être renfer-
mée. Pourtant la force des choses l'entraîna à dépasserles li-
mites qu'il s'était imposées, et à faire d'utiles excursions dans
le domaine de la politique et de la morale. Cette inévitable
nécessité, qu'il s'était vu forcé de subir, le porta à reconnaître
que les sciences économiques se rattachant à toute l'organisa-
tion physique et morale de la société, il serait convenable
peut-être de les désigner sous le litre général de Science
Sociale. Celte opinion manifestée au commencement de notre
siècle par J. B. Say, exprimait une vérité qui tôt ou tard de-
vait se faire jour. Il a pourtant fallu près de quarante années de
polémique el d'expérience pour en démontrer l'évidence et
l'utilité ; et encore, il faut bien le reconnaître, les économis-
tes dont s'honore notre époque, n e s o n l p a s tous d'accord pour