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Si l'on eempare maintenant les effets produits par ce sim-
ple lac à ceux infiniment plus grands, occasionnés par la rup-
ture simultanée de tous les lacs des Alpes et par la fonte ins-
tantanée des glaciers, on doit voir qu'il n'y a guère de
phénomènes de transports que l'on ne puisse concevoir par cet
intermédiaire.
Tels sont les faits importants que M. Achard-James ap-
porte dans la balance.
M. Lortet, ayant pris la parole à son tour, commence par
déclarer que les phénomènes de la nature résultent en géné-
ral de causes complexes ; ainsi les tremblements de terre, les
soulèvements et les affaissements, les crevasses du sol, l'ex-
tension ou la destruction de certaines espèces de végétaux ou
d'animaux sont dûs à plusieurs causes, et n'en serait-il pas de
même pour le transport des blocs erratiques de toutes les di-
mensions ? Des forces volcaniques purent en avoir projeté au
'oin, puisque de nos jours on a vu le Cotopaxi lancer jusqu'Ã
la distance de vingt-cinq kilomètres des masses de plus d'un
tiers de mètre cube.
Les soulèvements des chaînes de montagnes ont encore pu
imprimer de très grandes vitesses à des fragments de roches,
puisque l'on a vu le simple glissement d'une parcelle du Ross-
berg en faire remonter quelques-uns d'un volume considéra-
ble, le long du flanc opposé de la vallée, au pied du Righi.
Les glaces flottantes du pôle contribuent aussi à leur dis-
persion , et en 1815 on a vu, sur les côtes de la Finlande, des
blocs transportés par les glaces se déposer à 6 mètres au-
dessus du niveau de la mer.
L'action des courants d'eau n'est pas plus contestable, puis-
que l'on voit tous les jours des torrents rouler de grands quartiers
de rocs, et surtout en mettre à découvert en déblayant les me-
nus débris et les terres qui les masquaient.
Mais si un eourant d'eau claire a la force de charrier un
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