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dominaient encore, mais elles étaient bien affaiblies, et ne
servaient plus que d'entraves à l'unité de la législation lyon-
naise. Parmi les habitants de notre ville, les uns se disaient
Francs et Saliques, les autres Bourguignons , Yisigoths,
Golhs, ou Lombards; ils n'avaient rien de commun à l'égard
des affaires civiles, et, régis par des lois diverses , ils ne
pouvaient dans les jugements se rendre témoignage entr'eux.
En ces temps , saint Agobard , homme plein de zèle pour le
bien de Lyon et de l'Eglise, occupait le siège archiépiscopal
de notre ville. L'élat de désordre dans lequel Lyon était
plongé frappa bientôt ses yeux : Agobard se crut obligé de
présenter à Louis-le-Débonnaire une humble requête pour
lui demander l'abrogation des lois gombeltes et le supplier
d'introduire la loi des Français en notre ville. Louis souscrivit
à celte demande ; les lois gombettes furent abolies, et les
ordonnances capitulaires de Charlemagne furent reçues à
Lyon avec les canons gallicans , c'est-à-dire les ordonnances
faites par les évêques dans les synodes provinciaux ou na-
tionaux tenus par ordre des rois français en diverses villes
de leurs états.
    Ce bienfait obtenu par Agobard eut bientôt son mauvais
côté. Pendant que la ville observait encore les lois de Gon-
debaud, l'archevêque > investi d'une puissance presque sans
 bornes, avait défendu de vendre aux Juifs des esclaves chré-
 tiens. Il était de même interdit aux Israélites de vendre ces
esclaves pour être envoyés en Espagne, ou de les garder à
leur service. Agobard s'élevait aussi avec force contre ces
quelques femmelettes qui ne craignaient pas d'observer le
 sabbat avec les Juifs : il condamnait le travail du dimanche,
 l'usage de manger à la table des Israélites pendant le ca-
 rême, et d'achetea d'eux de la chair ou du vin. Nous ver-
 rons dans la correspondance de l'archevêque le motif de
 ces prohibitions.
   Les historiens ont presque tous accusé Agobard de fana-
tisme et de violence. Ce jugement me paraît être d'une sévère