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laisserai marcher celle-ci sans la suivre, et lorsqu'il en sera
besoin, j'indiquerai les mains dans lesquelles elle se trouve;
mais à d'autres appartient le soin de raconter comment elles
s'en sont emparées.
   Nous sommes au "VIIIe siècle, Charlemagne apparaît et se
fait couronner empereur d'Occident, roi de France et de
Bourgogne. Ce monarque était trop supérieur à son siècle
pour continuer de mesquines vexations ; mais aussi, lié par
l'esprit de sa génération, il ne pouvait attaquer de front et
détruire des préjugés d'autant plus tenaces, qu'ils prenaient
racine dans les croyances religieuses. Charlemagne trouva
de graves abus à réformer, et ses capitulaires devinrent le
Code des lois ecclésiastiques et civiles. Nous avons vu plus
haut comment il se faisait que le clergé, dépouillant de temps
à aulre son horreur pour les Israélites, ne craignait pas de
vendre à ces ennemis du Christ les vases nécessaires aux sa-
crifices des autels. Cette violation sacrilège ne pouvait échap-
per aux regards du grand législateur ; le monarque français
défend expressément de semblables marchés ; mais comme
la faute qu'il avait en vue de prévenir ne retombait pas sur
les Juifs, il ne leur impose aucune restitution ni restriction
dans leur commerce. Sa loi ne châtiait donc pas injustement
le passé, mais protégeait l'avenir. Sous le règne de Charle-
 magne, les Israélites sont honorés; mais cependant le cou-
rage manque pour oser changer leur état civil et les élever
 au rang de citoyens. L'ordalie ne leur était plus appliquable,
c'es-à-dire qu'ils n'étaient soumis ni aux jugements communs
aux chrétiens , ni aux épreuves de l'eau et du feu , et cette
disposition est assez naturelle, puisque dans ces jugements
ou ces épreuves, on faisait intervenir des formes, prestations
 de serment, décisions religieuses et divines opposées aux
Croyances de ce peuple. Un juge particulier était donc choisi
parmi les seigneurs puissants pour prononcer sur les diffé-
rents nés entre les Juifs, et ces sentences devaient reposer
 bien plutôt sur l'équité que sur le texte des lois.