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 points de vues les plus obscurs et les plus féconds des profon-
 deurs de la nature humaine, a parfaitemeut exposé les rai-
 sons physiologiques qui doivent engager à faire prédominer,
 dans une certaine période de l'existence, l'éducation corpo-
 relle sur celle de l'ame. Amesure, dit-il, que l'être sensitif de-
 vient actif, il acquiert un discernement proportionnel à ses for-
 ces, et ce n'est qu'avec la force surabondante à celle dont il a
 besoin pour se conserver, que se développe en lui la faculté
 spéculative propre à employer cet excès de force à d'autres
 usages. Voulez-vous donc cultiver l'intelligence de votre
 élève, cultivez la force qu'il doit gouverner, exercez conti-
 nuellement son corps -, rendez-le robuste et sain pour le ren-
 dre sage et raisonnable; qu'il soit homme par la vigueur et
 bientôt il le sera par la raison (1). Les exercices musculaires
doivent entrer plus communément qu'on ne le fait, dans l'é-
ducation desfilles.Chez elles, la susceptibilité qu'a le système
nerveux à contracter des habitudes irrégulières qui deviennent
plus tard la cause des vapeurs et des maladies hystériformes
de tous genres, les modificateurs dont elles sont environnées
pendant la période de l'enfance et de la puberté, rendent in-
dispensables des études gymnasliqnes rigoureusement pour-
suivies.
   La gymnastique envisagée comme une chose sérieuse, ap-
propriée selon ses degrés à chaque âge, jusqu'au développe-
ment complet du corps, aurait une influence des plus salu-
taires sur la santé publique. Les causes qui mettent cette der-
nière en péril, qui énervent les populations en multipliant
dans leur sein les germes de tant de diathéses et de cachexies,
méritent d'être étudiées de haut. Il faut, en présence de la
plus Iriste expérimentation, reconnaître que si tant de sujets
débiles, dont l'organisation est demeurée au-dessous du

  (1) Emile, t. H. p .