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408 raire, entreprenant à tant la colonne le dénigrement et la diffamation au profit de passions qu'il ne partage pas. Eh! Lien, je disque lorsqu'il s'agit déjuger du mérite d'une profession, il est absurde de le faire en prenant pour type les hommes qui la déshonorent. — Autrement les profes- sions les plus hautes par leur objet et qui exigent les hom- mes les plus purs, seraient les plus dégradées, précisément parce qu'il s'y rencoutre quelques hommes indignes. XIII. Le journalisme, selon quelques-uns, est dans une si étroite dépendance de son public, que sa liberté est étouffée par le besoin de lui plaire et par les nécessités financières d'un établissement plus commercial que litté- raire. En second lieu, on se plaint du monopole des journa- listes, réseau qui étend ses chaînes sur toute la France, et qui fait fléchir le genou à trop d'hommes supérieurs. Dans un siècle de liberté comme le nôtre' d'autres trouvent étran- ge de ne pouvoir se rédiger un symbole en dehors de la dic- tée de toute coterie, mais d'être tenu de recevoir leurs opi- nions toutes faites et de courber la tête sous le joug de ceux qui, au nom de la liberté d'examen la plus illimitée, ont organisé conti'e les gens sans défiance le plus intolé- rable despotisme. D'abord je ne nie pas qu'il ne s'établisse une action et une réaction nécessaires dû journal qui s'adresse au public et du public qui inspire le journal. Quel est donc l'écri- vain, quel est donc l'artiste, qui ne travaillent pas en vue du public qui, en définitif, sera leur juge ? L'autorité du journal vient même de ce qu'il exprime une pensée non