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moins plausibles auxquelles elle a donné lieu? Est-ce que, h
Autun et dans les environs, personne ne s'en serait occupé?
cela n'est pas possible. Enfin, l'inscription qu'esl-elle deve-
nue? n'est-elle pas de nature à exciter l'attention, la curio-
sité de quiconque prend intérêt aux antiquités du pays? En
vous disant, Messieurs, que l'omission de tous ces renseigne-
ments est bien extraordinaire, vous concevez que je n'expose
qu'imparfaitement ma pensée.
Je m'étonne aussi que l'auteur ait consacré plusieurs lignes Ã
j ustïfier en quelque sorte l'emploi du grec dans une inscription
tracée sur un monument gaulois : il se trompe quand (page
5) il dit que « nous ne savons absolument rien sur l'état de
« la langue grecque dans l'étendue des Gaules, soit anté-
« rieurement, soit postérieurement à la conquête romaine. »
César ne lui a-t-il pas appris que les Gaulois se servaient de
lettres grecques (1) ? Dans une dissertation que je vous ai
offerte sur la hache gravée au haut de plusieurs monuments
funèbres antiques, j'ai cité Bouteroue qui, dans son livre des
monnaies, donne plusieurs médailles gauloises dont la légende
est grecque. Enfin, nous lisons, page 490 du -tome 30 de
l'histoire universelle écrite par une société de gens de lettres
anglais, que « les Gaulois n'avaient originairement aucuns
« caractères qui leur fussent propres, » et qu'ils « adoptèrent,
« avec le temps, ceux des Grecs. »—Dans la dissertation que
je viens de rappeler (2), je vous ai parlé d'une inscription
gauloise placée sur la tombe du martyr Gordien, messager
des Gaules, et dont les caractères sont grecs, quoique la lan-
gue soit latine. Ce fait bien remarquable m'engage à vous
citer quelques lignes de l'ouvrage de D. Martin sur la Reli-
gion des Gaulois : « La langue qui avait cours en Italie sous
(1) De bello gallico, lib. VI, cap. 14.
(2) De la hache gravie au haut de plusieurs monuments funèbres antiques.
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