page suivante »
141
que chaque citoyen devra supporter l'impôt dans la proportion
de sa fortune; et l'octroi, assimilant le pauvre au riche, perçoit
sur l'un comme sur l'autre des droits uniformes, il est vrai,
mais établis sur des objets de première nécessité, de telle
sorte que la règle qui semble avoir été donnée pour base Ã
l'impôt n'a pas été de se proportionner à la fortune des ci-
toyens, mais à la satisfaction plus ou mois complète des
besoins matériels de la vitalité, sans seulement avoir égard
aux exigences impérieuses desquelles dépend l'existence
même du malheureux. Est-ce là égalité, est-ce justice? évidem-
ment non ; et lors même qu'un tel état de choses n'aurait pas
de déplorables conséquences pour la prospérité industrielle
du pays, il faudrait le réformer pour rentrer dans l'exécution
des lois sacrées de l'humanité et du pacte national.
Cette réforme laisserait un vide dans les caisses de l'état et
dans celles des communes. Les principes irrécusables précé-
demment établis conduisent naturellement à reconnaître que
ce vide doit être comblé par une augmentation relative des
impôts directs.
Le type primordial de la société, c'est la famille, lien tout-
puissant du cœur, véritable fraternité qui sert d'exemple et
de base à toute civilisation. De la famille à la commune et de
la commune à la nation, tels sont les degrés d'association qui
forment l'organisation sociale. Mais, dans une famille, dans
une association, tous les membres sont solidaires du bien et
du mal, des bénéfices et des charges, il n'y a point et il ne
doit point y avoir de préférence, de distinction dans la distri-
bution de ces charges ; et si, par la seule force des choses,
chaque application de quotité varie selon la capacité indivi-
duelle, le principe doit être unique et inviolable.
Demander que tous supportent les charges de la partie de
l'impôt représentée aujourd'hui par l'octroi, c'est donc être
dans le juste et dans le vrai. Toute marche qui s'écarte de
ces principes s'égare.
Quelle confusion, quelle anarchie financière dériveraient,
I