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HISTOIRE DE SAINT- TRIVIER-EN-DOMBES. 313
long de la rivière de Saône, au diocèse de Lyon, dans un
lieu où passe une rivière qui s'appelle Moignans, qui est
à six milles de Priseignac, désignations qui marquent
toutes le lieu où est à présent la'ville de Saint-Trivier, car
la rivière de Moignans y passe, et Saint-Trivier est à deux
lieues de Saint-Didier-de-Chalaronne, qui était alors appelé
Priscignac.
Ces jeunes gens étant arrivés heureusement dans leur
patrie, par les soins de saint Trivier, voulurent exécuter
en sa faveur Iapromesse qu'ils lui avaient faite en Flandre
de lui donner le tiers de tous leurs biens ; mais ce saint
le refusa généreusement, leur disant de conserver les biens
de leurs ancêtres et de ne lui donner qu'une petite chambre
et un petit jardin, avec la conduite de leurs brebis, pour
s'occuper et vivre dans la pauvreté, qu'il avait vouée au
seigneur. Il se détermina à vivre auprès d'eux, soit à cause
de son âge, qui ne lui permettait pas de se commettre une
seconde fois aux fatigues et aux dangers d'un si long
voyage,'soit par la crainte qu'il eut, s'il retournait à Thé-
rouanne, d'être élevé à ladignité d'abbé, dont il se regardait
comme indigne.
Saint Trivier s'occupa donc à la culture de son petit
jardin et à la garde du troupeau de ces jeunes seigneurs,
veillant, priant et jeûnant presque continuellement, ne
chantant que des psaumes, des hymnes et des cantiques
spirituels et édifiants. Il allait souvent visiter les lieux de
dévotiondu voisinage et entendre les saints joffices, les fêtes
et dimanches, à Priscignac, dont l'église était alors dédiée
aux apôtres saint Pierre et saint Paul.
Saint Trivier mourut dans un âge avancé. Il fut trouvé Ã
genoux au milieu d'un champ où il gardait son troupeau.
La posture de son corps fait juger de la situation de son
âme, car il ne faut pas douter qu'il n'expirât en priant
et bénissant le Seigneur, comme il l'avait, toujours
fait.
Les peuples des environs accoururent au bruit de sa
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