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484 BIBLIOGRAPHIE. lenteur dos presses, trop occupées de politique, l'auteur n ' a i t pas pu n o u s donner les pièces justificatives ni publier ces chartes précieuses qu'il a laborieusement et s a v a m m e n t c o m p u l s é e s ; espérons q u ' u n s u p p l é m e n t s'ajoutera à son livre, un des plus b e a n x q u e l a presse Roannaise, déjariche en p r o d u c t i o n s , n o u s ait d o n n é s . P. NOELAS. LES AMOURS D'UN POÈTE. — ON N'AIME PAS SA FEMME ! par G. PICARD, de VilIefranche-sur-Saône.— Imprimerie Pinet. à Villefranche- Voiîà une petite brochure coquette, habillée de rose, soyeuse, châ- t i a n t e . Mais il ne suffit pas d'être chatoyante, habillée de soie, et pour les brochures aussi, bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Or, quant à celle-ci. ses intentions sont pures sans doute, et la fin justifie les moyens ; sans quoi nous n'en parlerions pas. Il s'agit, en effet, d'un jeune poète Caladois. dont lamuse est facile, et la conduite encor plus ; qui aime au jour le jour, et qui, après avoir parcouru le monde, Courtisé la brune et la blonde, termine son orageuse jeunesse au port du mariage. Il y a de bonnes pensées chez ce poète, qui fait une fui; mais on a peine ;'t lui pardon- ner ses étapes, bonnes pour la bibliothèque de Gentil Bernard, sur l'emplacement de laquelle sont établis la station et le port de Choisy- le-Roi. Le dernier épisode se nomme l'Amour qui passe et l'Amour qui reste : « Dieu veut que toute notre vie Se partage entre deux amours ; L'un, volage et charmant, tient notre âme asservie Et nous donne quelques beaux jours: Mais bientôtde'nous il se lasse, 11 bri^e notre cher lien, Et s'envole, ne laissant rien Qu'au regret douloureux, car c'est l'Amour qui passe. « L'autre, sous les traits d'une mère, Veille, attentif auprès de nous ; Nous l'oublions, ingrats, dans l'ardeur passagère Du plaisir qui nous trompe tous; Mais quand, vers la voûte céleste, Fuit son frère capricieux, Quand les pleurs coulent de nos ye.ux, Nous revenons à . lui, car c'est l'Amour qui reste. La seconde partie de ce court recueil de bluettes amoureuses est un petit proverbe, qui forme la mise en action de ces derniers vers. L'in- trigue est naïve, vieillie, et les scènes, d'une simplicité rudimentaire. Mais elles sont bien enchaînées, bien conduites Le vers, d'une grande souplesse, offre toujours la grâce , parfois l'élévation. Le_ dialogue, naturel et alerte, arrive alors au charme pénétrant de la poésie. Un jeune marquis, fatigué de la cour du Régent, ruiné, et pour cause.se souvient qu'il a laissé son c In: le au au fond de la Bretagn ; où certainement il peut se refaire auprès de ses fermiers. Il y rentre. En ce château, une épouse délaissée, bien que jeune et jolie, l'avait at- tendu, comme Lucrèce ou Pénélope, en filant et brodant, assistée d'une servante non moins fidèle. Comme l'habitude est une seconde nature, le marquis, au débotté, met le siège devant la soubrette. Lucette, après avoir faiblement défendu les droits de la marquise vis à vis de son seigneur, qui se récrie à cette invraisemblance, car on