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SUR LE POUVOIR TEMPOREL DE LA PAPAUTÉ. Al braves Allemands , extermina les tyrans, rétablit l'ordre et la paix, délivra Rome, et y reçut, des mains du pape, pour prix de ses exploits, la couronne impériale. L'Empire d'Occident passa ainsi des Franks aux Germains. Si indispensable que fût cette seconde intervention de la puis- sance séculière dans les affaires de la papauté, elle ne devait pas être aussi favorable que la première à ses intérêts et à sa situation. Nous avons vu Pépin et Charlemagne, satisfaits de !a gloire d'avoir affranchi le successeur de Pierre de l'oppression de ses ennemis, ne point chercher à exploiter sa reconnaissance aux dépens de sa liberté. Trop magnanimes pour n'être pas dé- sintéressés, ils n'essayèrent jamais de pousser leurs prétentions au delà d'une protection tutélaire. Othon I er ne fit pas de même. Ce n'est pas que ce prince ne fût digne d'être placé à côté de Pépin et de Charlemagne. Mais, soit qu'il eût d'autres vues politiques, soit qu'il se crût appelé à la mission, non seulement d'affran- chir la papauté, mais encore de la restaurer, Othon Ier n'imita pas ses deux illustres prédécesseurs. Un de ses premiers soins, après, la victoire, fut de placer la Papauté sous sa dépendance, en se rendant maître des élections. Afin de bien apprécier la portée d'une prétention qui devint, plus tard, la source des plus graves querelles entre les deux puissances, il est nécessaire d'entrer dans quelques détails historiques. En réclamant l'intervention de son autorité dans l'élection des papes, le monarque allemand n'introduisit point, à vrai dire, une nouveauté. Dès l'instant que le Sacerdoce et l'Empire s'é- taient unis ensemble , le besoin de protéger l'ordre et de faire respecter les règles canoniques dans les élections épiscopales, avait appelé le pouvoir civil à y prendre une part active. De là , un usage qui ne tarda pas à devenir un droit par suite de la dé- férence que l'Église crut devoir accorder à l'État sur ce point. Ce droit était revendiqué surtout dans les élections aux sièges patriarchaux. Toutefois, quant à celles qui concernaient le Siège de Rome, nous ne voyons point que les princes s'en soient mêlés avant le règne du grand Théodorik. Ce monarque est le premier qui ait réclamé, dans l'élection des pontifes romains, une place