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422                 LOUIS-PHILIPPE »'ORLÉANS.

 prêta, dit-on, une oreille bienveillante à certaines insinua-
 tions en faveur du duc d'Orléans. Mais M. de Talleyrand
 qui, quinze ans plus lard, devait prendre une part si active
 à son élévation, prévint le succès de ces intrigues, en faisant
 comprendre aux monarques réunis combien il serait dan-
 gereux d'encourager ainsi l'ambition des branches collaté-
rales des familles souveraines.
    Ces menées, jointes à quelques rapports plus ou moins
mystérieux de Louis-Philippe avec certains whigs influents,
déplurent vivement à Louis XVIII, qui recommanda à la du-
chesse d'Angoulême, alors arrivée à Londres, de surveiller
avec soin la conduite du duc d'Orléans. Elles ne retranchèrent
rien d'ailleurs à la circonspection extérieure de ce prince. Un
journal anglais l'ayant félicité de n'avoir pas pris de service
contre la France dans les armées alliées, il déclina en quelque
sorte ces félicitations insidieuses, en répondant que Louis
XVIII l'avait expressément défendu à tous les princes de sa
famille. Lord Wellington , pressé quelques mois plus tard
par une dépulation du gouvernement des Cenl-Jours d'user
de son influence pour donner la couronne à la branche ca-
dette, répondit que le duc d'Orléans lui-même avait déclaré
que, « si on l'obligeait h prendre la couronne, il ne l'accepte-
rait que pour la rendre à son auguste et légilime proprié-
taire (1). »
   Tout porte à admettre que les démarches du duc d'Or-
léans n'excédèrent point alors les devoirs que lui imposait sa
qualité de premier prince du sang. D'un caractère timide et
irrésolu, plein d'ambition à la fois et de retenue , doué de
peu de foi dans l'assistance spontanée des événements, et ne
retranchant rien pour le compte de la fortune de la part


  (1) La mission spéciale de proposer le duc d'Orléans avait élé confiée au
général de Valence, depuis longtemps son ami et son confident dévoué.