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491 murailles de charbon, trois à quatre petits bidets de montagnes; sur ces quatre bidets, le chemin de fer en choisit deux qu'il attèle à ses voitures, et voilà ces deux pauvres bêtes qui trottent même entre ces deux barres de fer, et jugez si l'on va vite ! Et plus la chose est invraisemblable, plus elle est vraie! Et si vous ne comprenez pas com- ment il se fait que dans ce pays de houille on se prive d'une machine à vapeur, assez forte pour faire en deux heures tout le service que ne font pas tant de mauvais chevaux en cinq heures, je vous dirai que personne n'y peut rien comprendre ! Pour ma part, j'étais fu- rieux; si le chemin de fer m'avait demandé mon nom, je lui aurais répondu : — Je m'appelle Emile Peyreire! A ce nom redouté, je ne pense pas que le chemin de fer aurait continué ainsi son petit bon homme de chemin! Pourtant quel plus bel emplacement fut jamais trouvé à un che- min de fer? Deux villes de cette importance, Lyon et Saint-Etienne! Un chemin qui tient à la fois au Rhône, à la Saône, à la Loire ! Par- tout le fer, le charbon, le minerai, que sais-je? Six cents voyageurs chaque jour, et sur lesquels le chemin ne comptait pas. Si Peyreire les tenait sous sa main intelligente, ces six cents voyageurs, il en aurait bientôt le double, lui qui, avant peu, jettera chaque dimanche un million de voyageurs dans la forêt de Saint-Germain ! Et quel immense capital (une heure et demie ajoutée chaque jour à la vie de douze cents hommes) ne gagnerait-on pas, si, au lieu de faire le trajet en quatre heures et demie, le chemin de fer le faisait seule- ment en trois heures! Et encore une fois, comprend-on que ce soient les machines qui manquent au chemin? Quoi! vous avez les voitu- res, vous avez les voyageurs, vous avez le fourrage, et vous n'avez pas le cheval! Néanmoins (je vous avertis que la folle du logis va revenir ! ) quel beau voyage à faire de Lyon à Saint-Etienne ! et comme j'étais heu- reux d'aller si lentement et de pouvoir admirer tout à l'aise ce beau pays traversé d'une façon si solennelle! C'est, en effet, un paysage d'une incroyable variété. Il ne s'agit pas ici d'une route ordinaire depuis long-temps tracée, ou tout au moins indiquée par les rela- tions et parles habitudes de deux villes voisines; il s'agit d'un sen-