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La Société des Amis des Arts de la ville de Lyon est appelée
à exercer une immense influence sur l'art provincial, et nous
ne saurions trop inviter les sociétés pareilles de Dijon et Mou-
lins à se réunir à elle pour frapper vîte et fort en matière de
décentralisation artistique.
J. B.
MARIE, par A. DUPREZ..- A TRAVERS CHAMPS, par
Joséphin SOULARY.
M. A. Duprez vient de faire paraître une esquisse ou plutôt
un conte intitulé : Marie, en deux parties et en vers. Une en-
fant de village, innocente et candide, s'est laissée prendre d'une
belle passion pour un jeune séducteur, empressé, prodigue de
serments et inconstant, comme ils le sont tous : forte dans
ses projets de vertu , mais faible dans ses résistances à l'a-
mour, Marie a eu foi dans la légitimation d'une union anti-
cipée ; mais ses espérances se sont évanouies avec ses ca-
resses,le remords et le désespoir viennent prendre leur place
dans son cœur; le parjure a fui pour toujours. Dans un de
ces moments de profond abattement pour la jeune fille, la
malédiction d'un vieux père s'appesantit sur elle avec sa dou-
leur et l'écrase. Abandonnée de tous, n'espérant plus rien de
ce monde, elle s'éloigne, emportant avec elle l'enfant qui
s'agite dans son sein ; puis elle s'endort aux mêmes lieux qui
furent témoins de son unique ivresse. Ce sujet n'est point
neuf, mais l'auteur a trouvé moyen de le reproduire parfois
avec esprit ; de charmants détails y ont été semés , et la
versification , sans en être brillante, est facile , trop facile
peut-être. Il me semble d'ailleurs que dans cette peinture
d'un amour abusé qui se meurt solitaire, M. Duprez aurait
pu trouver plus de poésie, s'il eût fait briller quelques con-
solations religieuses aux yeux de la jeune fille. Marie expire
sans retrouver sur ses lèvres le nom de Dieu, résigne et n'é-