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 de leurs maîtres. Sans doute le motif que firent valoir les
 ministres de l'empereur pour obtenir cet édit s'appuyait sur
 un décret du concile de Gangres, prononçant analhème
 contre ceux q u i , sous apparence de p i é t é , persuaderaient
 aux serviteurs et aux esclaves chrétiens placés dans le ser-
vice des maîtres infidèles de les quitter , de les mépriser,
 d'abandonner leur service, ou de ne pas leur obéir avec
l'honneur, la fidélité et le respect qu'ils leur devaient. De
plus, au temps de saint Grégoire-le-Grand, les Juifs s'étaient
plaints de l'adresse de leurs esclaves , qui se faisaient chré-
tiens seulement pour secouer le joug de la servitude ; et le
pape Gelase écrivit aux évoques circassiens , Conslantius et
L a u r e n t , de prendre garde de se laisser surprendre par ces
artifices , et de ne pas recevoir témérairement au baptême
ces esclaves sans les bien examiner et sans pénétrer quel
était le motif de leur conversion. Mais, en supposant que ces
esclaves eussent un véritable désir d'embrasser la religion de
Jésus, saint Grégoire voulait qu'on les reçût dans l'Eglise et
que l'on n'oubliât rien pour les retirer de la servitude, soit
qu'ils fussent déjà chrétiens depuis long-temps, soit qu'ils le
fussent devenus tout récemment. Cette pensée de saint Gré-
goire était juste , et la loi de Louis fut inique.
   Quoi qu'il en soit, comme les Juifs ne cessaient de persé-
cuter les esclaves qui avaient été baptisés, saint Agobard
crut devoir écrire à l'empereur pour justifier sa conduite et
mettre cette nouvelle chrétienté à l'abri des insultes et per-
sécutions judaïques. Les lettres écrites par l'archevêque à ce
sujet subsistent encore à la Bibliothèque de notre ville , aux
Å“uvres d'Agobard ; elles sont au nombre de cinq ; et je me
ferais un devoir de les traduire toutes, si l'espace ne me
manquait.
   La première de ces lettres est adressée à Louis-le-Débon-
naire , et porte ce titre : De l'insolence des Juifs. Notre prélat
commence par déclarer que les Israélites sont d'autant plus
insolents dans la prospérité qu'ils sont plus rampants aux jours