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CABINET DE M. DIDIER PETIT.
Nous espérons que le beau cabinet de M. Didier Petit vien-
dra bientôt enrichir notre Musée, si pauvre en objets d'art
a n t i q u e ; la ville va traiter pour l'achat de cette précieuse
collection unique en province, et qui rivaliserait avec les plus
célèbres de la capitale par le goût éclairé avec lequel elle a
été composée. De laborieuses recherches ont procuré à M. Di-
dier Petit des tissus de soie, de laine, fort curieux sous le
rapport de la fabrication, d'anciennes broderies d'une perfec-
tion idéale, et de riches tentures tissées de soie d'or et d'argent
avec des figures qu'on croirait dessinées par Raphaël, tant
elles sont pures et gracieuses. A ces précieux spécimen d'un
intérêt incontestable pour notre cité manufacturière, se joi-
gnent des manuscrits rares, des armes, des ivoires d'un travail
exquis, des poteries de B. Palissy, des verres de Yenise, des
petites statuettes moyen-âge ravissantes, de précieux t r y p -
tiques de plusieurs époques, d'excellentes peintures gothiques,
entr'autres une vierge de Cranach, et une collection d'émaux
comme aucun cabinet particulier n'en possède ; depuis l'é-
poque bysanline jusqu'Ã nos jours, toutes les phases de cet
art sont représentées dans une suite de coffres, coupes, p o r -
traits, tableaux, tryptiques.
Quoique l'art d'émailler ait pris naissance chez les Phéniciens
6t les Egyptiens^ auxquels les Grecs durent toute leur civilisa-
tion, et que ceux-ci nous aient laissé assez d'émaux pour juger
des progrès de cet art chez eux, ce ne fut pourtant qu'Ã
Rome qu'on commença à entailler le métal, et à y couler de
l'émail, et là , s'arrêtèrent les progrès ; on peut donc consi-
dérer cet art comme tout-à -fait français, puisque au Xe siècle,
il y avait déjà dans les Gaules des fabriques d'émaux très
importantes ; au XII e , nous les trouvons établies à Limoges,
Occupant des ouvriers grecs, ainsi que le témoigne une ins-