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de médecins qui n'aient souvent gémi sur l'extension que
prennent, au sein des populations, certaines maladies meur-
trières et marquées du sceau fatal de l'hérédité. Il en est peu
qui n'aient eu l'occasion d'assigner pour cause, soit à la
phthysie pulmonaire qui ravage toute une famille, soit à l'épi-
lepsie qui l'attriste, soit à la maladie cancéreuse qui lui fait
subir d'horribles tortures, une alliance matrimoniale impru-
demment contractée. Si cela est, il serait donc possible de
borner les désastres de ces maladies constitutionnelles, de ces
diathèses qui font le désespoir de l'art médical ! il serait donc
possible jusqu'à un certain degré de réformer le régime sa-
nitaire des familles et de la population! j'avoue que c'est lÃ
une question énorme dont l'importance dépasse d'une manière
infinie les autres objets de l'économique, et c'est la physio-
logie qui la pose. Parviendra-t-elle à la résoudre complètement?
Assignera-t-elle les moyens les plus faciles et les plus con-
ciliables avec la liberté de l'individu pour parvenir à cette
régénération? Du reste on doit beaucoup attendre d'une
science qui est parvenue à donner plus de stabilité à la vie
humaine et qui chaque jour tend à faire monter le chiffre
de la longévité. Sans doute pour un aussi beau résultat il a
fallu le concours d'un grand nombre d'éléments d'amélioration,
mais il n'en est pas moins vrai que les progrès des sciences
médicales tiennent le premier rang. D'après M. Villermé la
mortalité relative en France était en 1780 de 1: 29 ; en 1802
de 1: 30; en 1820 de 1: 39. MM. Benoiston de Chateauneuf
et Odier ont fourni des documents plus étendus et leurs calculs
remontent au seizième siècle (1).
Les applications dernières de la physiologie de l'homme
sollicitent donc le mélange des familles humaines par l'ex-
(1) Mem. dcl'Ac. roy. de med. t. 1 p. 517. —Voy. Odier elSerrc Malte,
Biblioth. univer. de Genève, t. 36 p. 136 — 140.