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l'économie politique, replace cette dernière sur des principes
plus élevés et plus moraux ; elle ne voit pas des brutes dans
les hommes comme le voit l'économie politique absolue.
   Qui n'entrevoit tout ce que peut avoir d'utile son influence
sur le régime de l'industrie? L'ouvrage d'un médecin écono-
miste a démontré jusqu'à quel point le travail dans les
grandes fabriques altère la constitution des ouvriers ; jusqu'à
quel point le bien-être de ces ouvriers est favorable à l'indus-
trie elle-même. On ne paraît pas, au reste, savoir assez en
France, ditM. Yillermé, combien un bon régime, dans lequel
il entre de la viande est nécessaire aux travailleurs. Et cepen-
dant partout ceux qui exécutent des ouvrages de force, font
de la viande leur aliment habituel, et y ajoutent une boisson
fermentée telle que du vin, du cidre ou de la bière. Ce fait
est trop général pour n'être pas la conséquence d'un besoin.
Tous ceux qui emploient cette nourriture travaillent davan-
tage (1). Cet exemple, et beaucoup d'autres qu'on pourrait y
joindre, prouve combien il est important d'améliorer la
condition matérielle des ouvriers, de leur procurer les moyens
de faire face à leurs besoins véritables : en môme temps que
l'humanité est satisfaite, l'industrie y trouve son compte.
   Autant qu'elle le peut, la physiologie proteste contre les
aberrations de l'industrie cupide. Tandis que celle-ci cherche
à exprimer le lucre, de la santé et de la vie du pauvre, le
physiologiste veut qu'on l'entoure de bons modificateurs, que
l'hygiène soit appelée à adoucir les rigueurs de ses travaux.
C'est grâce à ses réclamations que la loi a été obligée de ré-
gler les heures de travail des enfants, dans les manufactures.
Pourquoi la loi ne veillerait-elle pas à ce que l'un des besoins
les plus impérieux de corps et de l'esprit de l'homme, le besoin
du repos, fût garanti aux adultes. Le repos du dimanche était,

  (2) Âcad, scien. moral, et politiques, ami. 1859.