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488 l'économie politique, replace cette dernière sur des principes plus élevés et plus moraux ; elle ne voit pas des brutes dans les hommes comme le voit l'économie politique absolue. Qui n'entrevoit tout ce que peut avoir d'utile son influence sur le régime de l'industrie? L'ouvrage d'un médecin écono- miste a démontré jusqu'à quel point le travail dans les grandes fabriques altère la constitution des ouvriers ; jusqu'à quel point le bien-être de ces ouvriers est favorable à l'indus- trie elle-même. On ne paraît pas, au reste, savoir assez en France, ditM. Yillermé, combien un bon régime, dans lequel il entre de la viande est nécessaire aux travailleurs. Et cepen- dant partout ceux qui exécutent des ouvrages de force, font de la viande leur aliment habituel, et y ajoutent une boisson fermentée telle que du vin, du cidre ou de la bière. Ce fait est trop général pour n'être pas la conséquence d'un besoin. Tous ceux qui emploient cette nourriture travaillent davan- tage (1). Cet exemple, et beaucoup d'autres qu'on pourrait y joindre, prouve combien il est important d'améliorer la condition matérielle des ouvriers, de leur procurer les moyens de faire face à leurs besoins véritables : en môme temps que l'humanité est satisfaite, l'industrie y trouve son compte. Autant qu'elle le peut, la physiologie proteste contre les aberrations de l'industrie cupide. Tandis que celle-ci cherche à exprimer le lucre, de la santé et de la vie du pauvre, le physiologiste veut qu'on l'entoure de bons modificateurs, que l'hygiène soit appelée à adoucir les rigueurs de ses travaux. C'est grâce à ses réclamations que la loi a été obligée de ré- gler les heures de travail des enfants, dans les manufactures. Pourquoi la loi ne veillerait-elle pas à ce que l'un des besoins les plus impérieux de corps et de l'esprit de l'homme, le besoin du repos, fût garanti aux adultes. Le repos du dimanche était, (2) Âcad, scien. moral, et politiques, ami. 1859.