page suivante »
480
f agent libre est tyrannisé, par l'état de souffrance de ses
organes ; s'il s'habitue à des besoins factices, son mot subit
l'influence de mille vicissitudes appartenant à la sphère du
monde organique et ne peut réaliser sa propre loi. Ce qui
importe donc à la santé de l'ame et à la santé du corps, c'est
que l'un et l'autre restent dans le domaine de leurs propres
attributions.
Les applications de la physiologie à l'éducation peuvent être
immédiates et médiates. Sous ces dernières je comprends le
résultat probable qu'amèneraient les notions de la physiolo-
gie de l'homme, répandues dans l'enseignement universel-, je
vous en entretiendrai. Puisque cette science enseigne avec
raison que l'intégrité des manifestations morales, leur déve-
loppement, sont en raison directe de l'intégrité et du déve-
loppement des organes ou des substrata de ces mêmes mani-
festations, elle doit, dans l'éducation première, préconiser
avant tout la mise en action des facultés; elle veut des actes,
car elle sait bien que rien n'est plus propre que les actes et
les exercices à augmenter l'énergie fonctionnelle des orga-
ganes. Mais comme d'une part on ne peut provoquer les ac-
tes par le jeu de la faculté spéculative qui est, à cette époque,
plongée dans l'engourdissement, l'enseignement du premier
âge doit pénétrer par la voie des sens et il doit alors être to-
talement subordonné aux principes de la physiologie. Celle-
ci apprend qu'il est de la plus haute importance que les sens
des enfants ne soient point excités par de mauvais spectacles.
Les sens sont une voie de perversion pour l'ame en même
temps qu'un moyen de moralisation. En cela Platon et
Aristote ont fait preuve d'une connaissance profonde de la
nature humaine, en voulant que les sens supérieurs (la vue
et l'ouïe), ne réfléchissent rien de déshonnête dans l'ame. Ils
veulent que non seulement on interdise aux jeunes gens,
jusqu'à un certain âge, toute lecture de comédie et tout