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moins rapproché, avec l'Eglise et la papauté ? Quel appui
que celui qui dépend de l'inconstance et des passions de
quelques hommes !
Le principe des pays constitutionnels est celui-ci : que
les agrégations politiques sont composées d'hommes asso-
ciés non pour professer en commun tel culte, mais pour se
garantir et se protéger mutuellement dans la jouissance de
leurs droits, dont le premier est l'indépendance de la con-
science, la plus précieuse, sans contredit, des propriétés
attachées à la personnalité. Or, je dis que cet état de la
société est éminemment le plus favorable à la propagation
de la vérité religieuse, parce qu'il fait dépendre la foi de
sa force propre et immuable, et non d'une force extérieure
et accidentelle. S'il ne protège pas la religion, en tant que
religion, il la protège dans sa liberté d'exister et de se
communiquer par la parole et la presse; il la défend comme
droit des citoyens contre tout trouble et attaque violente.
Il fait que sa vérité triomphe des sophismes et sa sainteté
des blasphèmes. Enfin, il lui permet de s'unir par sa puis-
sance civilisatrice, et sans usurpation dans les pouvoirs, Ã
tous les progrès sociaux, à pénétrer par la morale dans les
lois, par l'amour des hommes dans les institutions, à fécon-
der l'égalité par la charité. Le principe de liberté est uni-
versel comme la religion elle-même. Il permet de réclamer
sans inconséquence le même droit à Dublin, à Varsovie, Ã
Bruxelles, Ã Berlin. Enfin, Ã en juger par les faits, nous
voyons que si le vieux régime de restriction n'a prévenu
ni arrêté le protestantisme du seizième siècle et l'athéisme
du dix-huitième, la religion se glorifie avec vérité d'avoir
fait de nouvelles conquêtes et étendu son empire spirituel,
depuis la consolidation en France du régime constitution-
nel.
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