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d'Ainay, mais peu d'auteurs ont pris la peine d'en relever
les dimensions d'une manière exacte. Cette opération
pourrait paraître au premier abord, inutile, mais elle est
nécessaire pour reconnaître si les quatre colonnes ont été
sciées et si elles ne formaient que deux fûts dans l'anti-
quité.
En effet, la mensuration des colonnes, et l'examen at-
tentif de la nature et des dimensions de chacun des fûts,
établit : 1° que les quatre fûts proviennent de la même car-
rière, que la substance qui les compose est la même, le
granité antique africain de la Haute-Egypte originaire
de la Lybie ou de la Nubie, et dont l'on rencontre dans
quelques villes d'Italie, de nombreux débris}
2° Que les quatre fûts différencient sensiblement entre
eux, par les formes comme par les proportions^
3° Qu'il est incontestable que le premier fût par exemple,
où le tronçon qui se présente le premier dans la nef, en
entrant à gauche, est la partie inférieure d'une colonne
colossale, puisque à son extrémité inférieure, il porte en-
core un filet ou congé, tel que le fait voir le dessin;
4° Que le fût placé au fond du chœur à droite, au con-
traire, est la partie supérieure de la même colonne, qui se
terminait à son sommet par un astragale, qui a été détruit
et enlevé, comme il est facile de 1«. vérifier, et que ces
deux tronçons formaient primitivement une seule colonne
colossale de 8 m. 70 c. d'élévation, non compris la base et
Je chapiteau, ayant 3 m. 3o c. de circonférence moyennei
5° Que le fût ou tronçon qui se trouve le premier en
entrant à droite, portait à sa base un filet qui a été détruit,
ainsi qu'il est aisé de le reconnaître, et formait avec le
tronçon placé au fond du chœur, à gauche, une deuxième
colonne colossale, de même hauteur que la première, mais