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grosses pierres , amènerait sûrement des trouvailles pré-
cieuses, particulièrement du côté de la rive droite, le long du
quai Fulchiron, où ont été faites les dernières découvertes qui
ne sont pas les moins importantes.
Les remblais qui seront nécessaires pour l'exhaussement du
nouveau quai se feront., sans nul doute, au moyen de dragues
ou pelles recourbées en fer qui, mises enjeu par une machine
à vapeur ou par des chevaux, vont chercher la terre au fond de
la rivière, il s'agirait de substituer, à quelques-unes de ces
pelles, des fourchettes ou griffes de plus grandes dimensions.
Ces fourchettes seraient composées de cinq dents^ ou barres
de fer recourbées se terminant en pointe et espacées de cinq
centimètres. Trois de ces branches seraient plus longues que
les autres et iraient labourer le fond à une plus grande pro-
fondeur.
On promènerait d'abord le bateau supportant la drague le
plus près possible des pilotis et l'on s'avancerait ensuite Ã
plusieurs mètres de ces mêmes pilotis en formant de cette
manière nombre de sillons qui entreraient à la profondeur de
50 à 70 centimètres dans le lit de la rivière. On accrocherait
sans nul doute toutes les pierres et tous les fragments de
statues et d'antiquités qui peuvent être tombés sur les bords
de la Saône, ou y avoir été jetés. Par la disposition des griffes
évidées on n'enlèverait pas le sable qui chausse les pilotis ou
les fondations du quai. En quelques semaines passées à dra-
guer, l'on serait bien certain de repêcher tous les objets inté-
ressants cachés sous le limon de la rivière, et dans la suite on
n'accuserait pas avec justice l'administration d'être restée si
indifférente, lorsqu'il s'agissait de recouvrer par une faible
dépense, des objets antiques si curieux sous le rapport artis-
tique et historique.
M. Comarmond passe en revue plusieurs autres fragments
de statue en bronze. Il nous apprend qu'une portion d'un
pied d'homme d'une statue en bronze fut encore trouvée dans
les fondations du même quai, ainsi que des morceaux d'archi-
traves et de frises ornementées de rinceaux, de perles, et une
portion de colonne cannelée avec sa base engagée. Tous ces
fragments d'architecture en pierre de Choin de Fay, déposés
à présent sous les portiques du palais Saint-Pierre, nous font
croire que sur la rive droite de la Saône, où ont été faites
ces découvertes, il existait jadis un temple, et que devant ce
temple avait été élevée la statue équestre à laquelle se rap-
portent les deux morceaux de bronze dont M. Comarmond
a donné une lucide description.
Cet ouvrage renferme encore l'historique d'un troisième frag-
ment de jambe de cheval en bronze, trouvé près delà place