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des aliments et des boissons [ingesta), du libertinage, etc., est
parfaitement appréciée. On y trouve sur l'usage général des
modificateurs externes, l'admission d'un principe dont on a
fait honneur à la philosophie hippocratique. L'Ecclésiaste
recommande de s'observer à cet égard, de savoir ce qui est
nuisible et ce qui est utile, de rapporter en un mot au sens
vital, intérieur, individuel, à la disposition idiosyncrasique,
l'action des modificateurs. Hippocrale n'a fait que commen-
ter ce précepte, l'une des bases de toute saine doctrine hy-
giénique. Mieux que ne l'avait fait Moïse peut-être, l'Ecclé-
siaste loue la tempérance sous une forme aphoristique offrant
beaucoup d'analogie avec les célèbres propositions du médecin
cité plus haut. On en jugera par les versets suivants qui ne
sont, à le tout prendre, que des sentences de l'école de
Salerne :
« L'insomnie, la colique et les tranchées sont le partage
de l'homme intempérant (1). »
« Celui qui mange peu aura un sommeil de santé, et son
ame se réjouira en lui-même (21). »
Môme concision dans les préceptes touchant les boissons :
« La tempérance dans le boire est la santé de l'ame et du
corps (3). »
Les effets de l'ivrognerie, tant sur la vie du corps que sur
le mode de manifestation de l'ame, sont dépeints de la ma-
nière la plus large ; et il est facile d'acquérir la conviction
que les livres modernes de diététique ne disent rien de plus.
Salomon pose en principe que le vin, pris en quantité-mo-
dérée, est un corroborant salutaire à l'organisation, qu'il est
une seconde vie, il a été créé la première fois, pour être
(1) Chap. 3 1 . v. 23.
(2) Chap. 24.
(3) Chap. 3 1 . v. 3-7.