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              GRAVURES DE LA BIBLIOTHÈQUE COSTE.                4H9

   Mais ces fantaisies de peintre à part, quelle précieuse ressource,
quel puissant secours ne trouve pas l'historien dans toutes ces
vues diverses qui nous montrent les modifications que la ville a
subies pendant ce court espace de temps qu'on appelle deux
siècles ! Combien on regrette de ne pas connaître notre Lyon
dans les temps antérieurs! A l'époque de François 1 e r comme à
celle de Louis XIV, la France jouissait déjà d'une civilisation
avancée, mais qui nous dira ce que fut notre chère cité dans les
siècles primitifs? Un artiste d'un haut mérite, M. Chenavard
nous a donné un Plan de Lyon antique restauré et à l'aide des
débris qui restent encore il nous a rétabli Lyon tel qu'il devait
être sous les Romains, mais avant? Quel aspect avait notre
berceau, quand les" huttes des Gaulois couvraient le confluent
de nos deux fleuves et que d'immenses forêts projetaient leurs
ombres impénétrables sur les collines du couchant comme sur
la vaste plaine qui nous sépare des Alpes? Comment était-il
encore, quand les hardis navigateurs de l'Italie et de la Grèce
vinrent établir leurs comptoirs au milieu des hordes sauvages
attirées à diverses époques de l'année sur notre sol par les
premières lueurs de la civilisation Pet plus tard? quand les Bour-
guignons et les Francs vinrent renverser l'oi'ganisation corrom-
pue de Rome, quand les Arabes osèrent attacher leurs chevaux
aux colonnes d'Auguste et camper, avec leur vaste appareil de
guerre,au nord de la ville presque au même endroit où la France
moderne a établi un de ses principaux camps? et plus tard encore,
quand Philippe-Auguste ou saint Louis traversait nos murs?
qui nous rétablira la cité telle qu'elle était à ces différents âges?
Que de changements pendant un millier d'années, puisque le
règne d'un souverain a suffi pour que les citoyens ne reconnais-
sent plus la ville où ils sont nés et que le voyageur s'égare dans
les rues ouvertes pendant son absence.
   C'est toujours le même ciel brumeux , des collines poétique-
ment découpées, de vastes horizons bornés d'un côté par les
montagnes du Lyonnais couronnées de vignes, et de l'autre par
les Alpes blanches de neige, le confluent majestueux de deux
fleuves, le vallon sans égal que traverse la Saône et que do-