Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
               ÉTYMOLOGIE DU MOT DOMBES                    101

cette opinion erronée. Les nuragues sardes nous intéressant
peu, parlons des poypes seulement.
   M. Guigue en a compté près d'un cent dans le départe-
ment de l'Ain ; M. Vingtrinier décuple ce nombre. L'archi-
viste du Rhône a supposé que ces élévations de main d'homme
sont des monuments, pour honorer les morts, érigés par les
populations de l'âge de bronze, à l'instar de ceux des Hébreux,
qui « élevaient soit en pierre soit en terre leurs monuments
commémoratifs, autels ou tombeaux. » Cette interprétation,
contestée résolument par l'abbé Jolibois, est en partie
reprise par un savant géologue, M. Chantre, qui attribue
les poypes à l'âge de pierre.
   Tout d'abord, ce nom de poype, dérivé évidemment du
celtique poy, monticule, élévation, semble indiquer une ori-
gine tout à fait gauloise.
   Voyons si la récente découverte de M. Vingtrinier auto-
rise cette donnée.
   C'est dans une île de la Reyssouze, au-dessous de Mala-
fretaz en Bresse, à l'abri d'immenses ombrages, qui cou-
vrent cette île, dans un recoin formant merveilleusement
« un admirable champ de repos pour les morts, un refuge
mystérieux et redoutable pour les cendres d'un chef d'une
tribu, » qu'existaient jadis six de ces poypes, dont les deux
dernières seules restent, au nord de l'île « portant des
baliveaux qui semblent les protéger. »
  La quatrième, M. Vingtrinier Ta vu enlever; voici la
description du monument :

   « Il avait été constiuit complètement, nous dit-il, avec
la terre du champ sur lequel il reposait. Un vaste fossé
circulaire, parfaitement visible et entouré de vieux saules
en avait fait les frais... Le fossé sans lacune était parfaite-
ment rond. Il pouvait avoir çeqt cinquante mètres de çir^.