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PIE il. 479
trouve ce même morceau dans la collection des lettres de
l'édition Enricpetrina. Puis la partie qui suit n'est autre chose
qu'un précis de l'histoire d'Autriche qui a également son
existence à part. Ce qui regarde Frédéric III commence
brusquement, sans aucune transition et n'embrasse que trois
laits, le premier voyage de l'Empereur en Italie pour y
prendre la couronne impériale, son mariage avec la princesse
Êléonore de Portugal, enfin, la part peu glorieuse qu'il prit Ã
la querelle soulevée, entre l'Empire et la Hongrie, par la
tutelle de Ladislas-Ie-Posthume. A travers ces pièces de
rapport et la gêne évidente de l'auteur, il y a çà et là quel-
ques traits qui rappellent la belle manière historique, et il
faut convenir qu'en ce qui concerne Frédéric, l'historien a eu
le bon goût de le laisser à sa taille.
Le talent d'iEnéas Sylvius se déploie avec plus de liberté
dans sa Cosmographie, ouvrage composé pendant son ponti-
ficat, malgré l'immensité des affaires et qui témoigne autant
de sa prodigieuse activité que de la profondeur de ses études.
11 voulait d'abord écrire une histoire universelle des choses
de son temps, mais l'impossibilité de se procurer les rensei-
gnements nécessaires à un ouvrage de cette étendue l'obligea
d'y renoncer et de s'en tenir au plan de Strabon, qui consiste
à joindre à la description des lieux quelques-uns des prin-
cipaux faits historiques qui s'y rattachent.
D'abord, il ne faut pas demander à l'auguste savant, sur
la géographie mathématique, une autre science que celle
des anciens ni sur la classification de la race humaine, des
connaissances ethnographiques qui appartiennent à une date
beaucoup plus récente. Pour ce qui est de la forme du globe,
il s'en tient à ce qu'en a dit Ptolomée. 11 essaie quelques
opinions sur la navigation de l'Océan, sur la configuration
inférieure de l'Afrique, sur la source du Nil (1), mais timi-
(1) Le problème de la source du Nil, qui préoccupe le monde depuis